Les singeries de Burton
Non, ce n'est pas un remake. Ni une suite. Burton est clair, sa planète des singes, c'est quelque chose de totalement différent. Et nous, nous en restons indifférents.
La Planète des singes (l'original) fait partie de ces films qui ont marqué une génération, mit un coup de pied dans la fourmilière et fait réfléchir, comme le « Docteur Folamour » de Kubrick en son temps, sur la guerre froide. En faire un remake s'annonçait difficile, voire suicidaire. On sait que Burton aime l'ambiance mortuaire, mais de là à creuser sa propre tombe…
Car c'est bien ce qu'il a fait en signant cette comédie hollywoodienne (appelons un chat un chat) insipide et sans verve. L'humour est certes omniprésent, les clins d'œil acerbes, mais loin d'être suffisants pour occuper le spectateur pendant deux heures. Par sa lenteur,
La Planète des singes est sans nul doute l'un des films les plus ennuyeux qu'il soit. Ce n'est pas à cause de son casting, impeccable, de ses effets spéciaux, intelligents, ni de ses maquillages, remarquables. Non, ce n'est du qu'à cette maladie du cinéma qui le pousse à se conformer, à recycler sans oser la nouveauté.
Un film impersonnel
Pourtant, la pate du maître est bien là, à chaque image. C'est un Burton, certes, mais un mauvais Burton. Sans doute le plus mauvais. Car la passion, la folie, n'y sont pas. L'histoire se déroule, sans grande vivacité, on laisse couler, et on sent bien que le réalisateur, derrière la caméra, s'est ennuyé autant que nous. La recherche esthétique et les belles images ne suffisent pas à considérer ce scénario sans épaisseur pour autre chose que ce qu'il est : un block-buster sympathique sur l'homme lâché en milieu hostile, une petite réflexion sur la tolérance et la différence dans un monde cinématographique qui en a déjà tant vu, un film impersonnel à gros budget dont le but principal est de jouer la caisse enregistreuse. Car il n'y a, en soi, rien à reprocher à
La Planète des singes, si ce n'est d'être, et de loin, inférieur à la version de Franklin J. Schaffner. Car si la première version était en avance sur son temps, la deuxième a une grosse navette spatiale de retard.
On n'a rien vu Tim, on n'a rien vu... C'est pas grave... Continue de faire des films !
La planète des singes est un échec. À oublier.