Batman vs Wolverine
Entre deux Batman, Chris Nolan nous entraîne dans l'Angleterre de la fin du 19ème siècle, témoin de la confrontation entre grands magiciens : à ma droite Christian « Batman » Bale, à ma gauche Hugh « Wolverine » Jackman.
De prestigieux, le film, n'a heureusement pas que son nom. Outre Bale et Jackman, on retrouve l'omniprésente Scarlett Johansson, le groovy Michael Caine, et même le très rare David Bowie. Ce qui place d'emblée le dernier opus de Nolan comme l'un des films comportant le casting le plus classe de l'année. Et pour ne rien gâcher, tous tirent leur épingle du jeu ce qui justifie le déplacement vers son cinéma le plus proche. Dans le film, Caine nous explique qu'un grand tour de magie comporte trois actes : la promesse, le tour et le prestige. Dans cette même logique, le pitch et le casting constituent la promesse du film.
Le récit en deux temps (la narration bien amenée par Bale lisant le journal de Jackman lui-même s'inspirant de celui de Bale) s'articule autour de la confrontation de plus en plus vicieuse entre les magiciens virtuoses. De ce fait, la frontière du manichéen « l'un est gentil, l'autre est méchant » est complètement brouillée, car l'un comme l'autre connaîtra le statut de victime et de bourreau. Le tour du film est donc particulièrement savoureux et devraient justifier l'achat du billet d'entrée.
L'avènement de l'électricité apporte à l'histoire un nouveau facteur dans l'évolution de la magie (via l'ajout de la science) et du film (qui vire alors dans le fantastique). Cet événement constitue la base du fameux prestige.
ACADABRANTESQUE
Le prestige est vu comme la partie des rebondissements, quand l'illusion est complète et doit, à ce point précis retourner son spectateur pour le grand final. Et en effet, la dernière partie du film part en vrille pour se conclure sur un énorme twist final propre à achever son audience. A partir de là, il y a deux cas de figure : si vous accrochez à cet immense tour de passe-passe, vous allez vous prendre la fin en pleine figure, si vous restez hors du film, sa dernière partie fera office de grand n'importe quoi, l'acceptation ou non de fantastique étant primordiale. L'illusion étant le principe de la magie mais aussi du cinéma.
Le Prestige se pose comme une mise en abyme de la mise en scène cinématographique, et des ficelles utilisées pour bluffer son spectateur qui, au final, sera le seul juge de ce qu'il voit (et donc de hurler ou non à l'arnaque). Le film démystifie le principe de la magie, et donc celui du cinéma, en nous emmenant de l'autre coté du miroir. Et montre derrière la poudre aux yeux, une réalité bien plus crue (il faut voir comment s'organise la disparition d'un oiseau dans sa cage) accentuée par une irréversible course à la notoriété et la reconnaissance.
Alors
Le Prestige est-il un film malin et profond ou une supercherie indigne des tours de Sylvain Mirouf ? Le talent de Nolan tend à choisir la première possibilité, et oblige un second visionnage afin d'y voir plus clair tout en vérifiant les fondations de cette entreprise. Et vérifier finalement, si la magie opère toujours…