Le voyage de la dernière chance
Embarqués dans la Chine des années 20, c'est avec passion que nous suivons le voyage initiatique d'un homme trompé par une femme désenchantée et perdue.
Tiré du roman
La passe dangereuse de William Somerset Maugham, John Curran a réussi à mettre en avant la force de l'amour passionnel au-delà du climat politique et social difficile connu par la Chine à cette époque. Avec un scénariste tel que Ron Nyswaner (
Philadelphia), les deux acteurs principaux se devaient d'exceller dans leurs rôles respectifs. Engagés dans la production de ce film, Edward Norton et Naomi Watts avaient à cœur de participer à ce projet et ça se ressent! L'alchimie est donc parfaite et le spectateur sous le charme. Edward Norton (
Fight Club), qui joue un médecin bactériologiste britannique trompé par sa femme, étonne le spectateur par son talent. Porté par l'envie de venir en aide à une population touchée par le choléra, il parvint à embarquer sa femme avec lui par désir de vengeance. A la fois rancunier et amoureux, Edward Norton jongle avec habileté entre les différentes phases de son personnage. Naomi Watts (
King Kong), quant à elle, interprète merveilleusement la femme immature du début du film, haineuse envers son mari, qui parvint tout de même à se reconstruire au milieu d'une Chine où la mort se propage de plus en plus. Le choc des cultures entre les Britanniques et la population locale est bien retranscrit par le réalisateur, qui suit avec attention l'évolution de leurs rapports. Au départ, Walter (Edward Norton) n'est pas accueilli comme il le voulait par les Chinois, notamment par le colonel Yu, qui par la suite deviendra ami avec Walter, brisant ainsi l'image sévère et militaire du colonel.
Un film minutieusement achevé
Paysages et prises de vues étincellent le public. La bande originale est remarquable (Golden Globe de la meilleure musique pour le Français Alexandre Desplat en 2007). Souvent oubliés, les costumes respectent non seulement l'époque du film, mais peuvent être révélateurs de l'évolution psychologique des personnages. Au début du film, Kitty (Naomi Watts), sûre d'elle, porte de belles robes et renvoie une image glamour. Mais une fois installée en Chine, ses robes simples aux couleurs fades symboliseront sa tristesse et son mal de vivre. Rien n'est donc laissé au hasard dans ce film. Le souci du détail se ressent, la fin n'est pas celle que l'on pourrait attendre, le spectateur s'en étonne et repart totalement conquis.