« Cours vite ! Tu es cerné par des gobelins ! »
Les chroniques de Spiderwick ou comment surfer sur la vague d'Harry Potter entre deux opus sans avoir ni les moyens, ni le talent, ni le scénario. En même temps, c'est un pari risqué que de sortir un film si proche de l'univers de J. K. Rowling et l'assumer alors qu'on sait que ça ne fonctionnera pas. Trop de gobelins, trop de monstres pustulants et grouillants, trop de situations abracadabrantesques, trop de trop certainement. Mais jamais trop d'effets spéciaux (les rares sont trop mauvais en tout cas), jamais trop de répliques (les meilleures sont prononcées entre deux discussions entre un gobelin et un ogre ou entre un lutin de maison et un porc mangeur d'oiseau… si si !).
Les chroniques de Spiderwick, c'est en tout cas tout ce que le cinéma pour enfant grouille de plus gros, de plus gras et de moins extraordinaire. On se croirait dans les adaptations cinématographiques les moins réussies de Casper, le gentil petit fantôme qui nous attendrissait lorsqu'il était dessiné mais qui nous faisait quitter le petit écran (ou la salle de cinéma pour les plus courageux) lorsqu'un réalisateur désargenté décidait de vouloir le sacrifier sur l'autel du profit.
Quatre-vingt ans plus tard, sa maison est abandonnée (la maison, évidemment, c'est ce manoir sinistre perdu dans la campagne, loin de tout, immortalisé par la Famille Adams) et sa fille est internée dans un asile de fou (qui pourrait croire en l'histoire de cette gamine qui parle de gobelins à longueur de journée et qui, pour se protéger, place du sel au bord des fenêtres ?). En tout cas, aidée par ses petits-neveux (des jumeaux aux caractères autant différents que complémentaires et une grande sœur incrédule… Ça ne vous rappelle rien ?), l'octogénaire qu'est devenue la fille du naturaliste parviendra-t-elle a faire reculer les gobelins qui n'attendent qu'une chose : récupérer l'œuvre de son père où est répertorié tous les secrets de la forêt et qui lui a valu son départ prématuré ? On vous l'a dit, le scénario est encore moins bon que dans
Plus belle la vie !
Je vous passerai les scènes aberrantes où l'on voit des gobelins encercler la maison mais qui sont repoussés par… de la sauce tomate ! Si si, c'est vraiment ça qui les fait fuir !. Je vous passerai également un final à couper… à couper la bande du film, qui se joue entre un petit garçon et un monstre. Où ? Sur le toit du manoir bien sûr ! La nuit ? Quelle question ! Et c'est le petit garçon qui tue le monstre ? Évidemment !
En tout cas, Les chroniques de Spiderwick ne fait frissonner personne, ne fait rire que rarement (tant les ficelles sont grosses). Les enfants seront déçus, les parents se seront endormis. Finalement, ce chef-d'œuvre nous enseigne une chose : faire un film fantastique pour enfant et qui pourrait plaire aux parents n'est pas à la portée de tous ! Pas étonnant que la Paramount n'en fasse pas plus de promotion !