Allons enfants du pays…
C'est l'histoire d'une rencontre entre deux mondes, deux cultures, deux façons de parler, qui vont apprendre à se connaître. Classique, mais qui a le mérite de révéler certains pans oubliés de l'histoire.
On avait déjà vu Michel Serrault en pépé grognon dans Une hirondelle a fait le printemps et Le papillon. Rien d'innovant dans Les Enfants du pays où il incarne un grand-père élevant seul ses deux petits-enfants dans un village déserté des Ardennes. Mais c'est l'acteur qui correspondait au personnage. Un rôle sur mesure.
Emma Javaux et Arthur Chazal, qui incarnent ses petits-enfants, font ici leur première apparition au cinéma. L'interprétation du rôle de Camille est assez maladroite et manque parfois de naturel dans les sentiments. On peut se demander si choisir la propre fille du réalisateur pour incarner l'unique rôle féminin du casting fut judicieux.
Un air de déjà-vu
Ce film a l'avantage de mettre à jour un pan de l'histoire que l'on a trop facilement oublié. Combien de personnes aujourd'hui savent qu'on a utilisé des tirailleurs sénégalais sur le front pendant la première et la seconde guerre mondiale ? C'est le mérite de ce long-métrage : rappeler l'utilisation des habitants des colonies françaises pour soutenir les troupes de la métropole en sous-effectif.
Malheureusement, le film s'enlise très vite dans une série de clichés. Le « chef blanc » qui abuse des bons noirs, mais qui finit par s'attacher à eux, la relation entre grand-père et petite-fille, ou de celle entre Etienne, le petit-fils avec un des tirailleurs.
Au final, on l'impression que le film manque de sincérité. Il se déroule sans surprise et s'enlise dans les bons sentiments. Dommage car la base de l'histoire n'était pas sans intérêt.