Choc post-traumatique
Adapté du roman de P.D. James,
Les Fils de l'homme propose une vision incroyablement sombre de l'avenir. Et tellement proche de notre présent.
La dernière réalisation de Cuaron sortie en salle, ormis son segment de
Paris je t'aime, est Le Prisonnier d'Azkaban. Apportant en un film la crédibilité nécessaire à la saga Harry Potter, on le savait très doué pour la mise en scène. Le revoila avec
Les Fils de l'homme, où il confirme son talent. Bienvenu dans un futur tellement proche qui ressemble de trop à aujourd'hui. Dans
Les Fils de l'homme, aucune femme n'a accouché depuis 18 ans.
L'Angleterre est sous un régime totalitaire menant une politique violente contre l'immigration. Entre l'aspect apocalyptique de
L'armée des 12 singes et les ruines de
Le Pianiste,
Les Fils de l'homme nous propose une vision pessimiste du futur, tellement réaliste et loin des clichés hollywoodiens qu'il nous est encore plus choquant. Après la vision du film, le spectateur s'interrogera plus que jamais sur la direction où s'engage notre société.
L'enfer est sur terre, le blanc le noir ne sont pas roses (air connu)
Le film commence par un attentat en plan séquence sans effets spéciaux grandiloquents, froid et cruel. Le ton est donné, chaque scène mettra mal à l'aise car le danger peut venir de n'importe où. La mise en scène donne un sentiment incroyable d'insécurité. Tourné caméra à l'épaule, le cadrage est brut et nerveux. Le côté documentaire renforce le malaise. Tout au long de la première partie, le rythme donne l'impression de s'estomper pour encore mieux repartir, plus violent, plus cruel. Une véritable plongée en enfer : sur terre, bientôt. Les plans séquences nous hypnotisent pour ne plus nous laisser regarder ailleurs que la violence la plus crue. Clive Owen est notre seul espoir, le seul personnage que l'on suit tout au long de l'histoire. Les autres tombent comme des mouches. Toujours plus en danger, toujours dans l'urgence, on a le souffle coupé par tant de noirceur. Il pleut des corps à travers tout le cadre.
Entre les guérillas urbaines et les camps de concentration, la partie la plus sombre de l'être humain se révèle et ne nous semble pas si inconnue. Chaque scène rappelle une image vue dans un journal télévisé de ces 10 dernières années, mélangeant habilement le traumatisme post 11 septembre et les horribles témoignages datant de la seconde guerre mondiale.
Les Fils de l'homme est un des films les plus sombres de cette année. Succédant à
Munich,
Lord of war et
V pour Vendetta, la leçon cinématographique 2006 est certainement sur le côté sombre de l'humanité. On vous aura prévenu.
les fils de l'homme
Un film dépressif sur le début de la fin du monde dépeignant un futur frappant à nos portes. Un chef d'oeuvre, un vrai, porté par une mise en scène phénoménale ( voir l'utilisation glacante des plans séquences), un scénario intelligent et un casting parfait. Cuaron est un réalisateur à suivre de très près...