Old school rules
Premiers pas derrière la caméra pour celui qui fut, via son écriture inimitable, l'initiateur d'un certain polar américain dans le milieu des années 80 jusqu'au milieu des années 90. Verdict : on n'avait pas vu ça depuis les années 90 et ça fait plaisir…
Le plaisir jubilatoire provenant du film de Shane Black vient justement du fait que pendant 90 minutes, la patte du créateur de L'Arme Fatale, Last Action Hero, Le dernier samaritain, et autres Au revoir à jamais se fait sentir et nous transpose quelques années en arrière, quand le polar était à la fois drôle et violent, quand le buddy movie fonctionnait sur une alchimie parfaite, quand l'antihéros de l'histoire cynique et désabusé en prenait plein la face en gardant cette petite répartie cinglante, quand les dialogues étaient brillants et renforçaient le genre dans lequel elle s'inscrivaient. A ce propos Kiss Kiss Bang Bang rappelle à quel point Black est l'un des meilleurs dialoguistes actuel de Hollywood et à quel point son retour met le doigt sur ce qu'il manque à ce cinéma actuellement. On retrouve donc le buddy movie à la manière de L'Arme fatale, l'antihéros type à la manière de Bruce Willis dans Le dernier samaritain, la mise en abyme cinématographique comme dans Last Action Hero (film malheureusement mésestimé).
Le dernier samaritain
Black explose sa narration, en introduisant la voix off de son antihéros (Robert Downey Jr, simplement parfait) se mêlant les pinceaux en racontant l'histoire, virant des figurants qui bloquent la compréhension d'un détail de l'histoire, et partant en aparté avec le public. Kiss Kiss Bang Bang assume dès le départ son statut de film, joue avec le procédé narratif et avec les codes du cinéma hollywoodien (le happy end, le buddy movie), cinéma dont Black s'amuse à balancer au passage quelques piques vraiment drôles. La mise en scène, elle, est classique sans être déplaisante, c'est-à-dire ni tape à l'œil, ni embrouillée d'effets de style, de tics visuels propre au cinéma des années 2000. Désuète ? Non, tout simplement contribuant au retour vers ce cinéma des années 80-90 et sert une photographie sublime. Les acteurs prennent un malin plaisir à ressortir les brillants dialogues de Black et le scénario bien qu'il parte un peu dans tous les sens ne gâche jamais le plaisir éprouvé.
Shane Black's Kiss kiss, bang bang est donc un film qui se savoure, réveille un brin de nostalgie, et se revoit avec le même plaisir non dissimulé un peu comme L'Arme fatale, Last Action Hero… Et oui, il n'y a pas de hasard, alors Shane, reviens vite, le cinéma Hollywoodien à vraiment besoin de toi là !