Entre toi et moi (et elle)
L'étrange poésie de
Si j'étais toi laissera les plus terre à terre prostrés sur leur fauteuil. Les esprits volatiles, eux, s'envoleront vers des cieux où tout peut arriver.
Imaginez : vous restez à la maison tranquillement, tandis que votre épouse (Hannah) et votre fille (Samantha), vos deux anges donc, partent se balader. Bim, elles ont un accident de voiture (femme au volant… accident en ligne droite). Votre femme s'éteint, tandis que votre enfant survit. Mais, car il y a un mais (oui, sinon il n'y aurait probablement pas de film), cette dernière se met à parler, à penser et à agir comme sa maman. Vous pensez tout d'abord qu'elle a un léger traumatisme post accident, une confusion passagère de personnalité, et que ça va passer. Mais petit à petit, vous commencez à y croire. Et comme vous continuez à lire cette critique, c'est que vous aussi, vous vous dites que c'est possible (ou alors vous trouvez cet article particulièrement stylé et vous ne pouvez en décrocher). En tout cas David Duchovny, qui, on le sait tous depuis X-Files, pense que la vérité est ailleurs, lui, se laisse entraîner dans cette folie.
Pour les rêveurs
Cette étrange (mais poétique) situation entraîne son lot de moments touchants et d'instants cocasses. Parce que Hannah (dans le corps de Samantha, donc) est bien obligée d'aller à l'école pour assurer l'avenir de sa fille (au cas où elle revienne bien sûr). Elle doit donc se replonger dans les bouquins et affronter une jeunesse en perdition (drug, sex and… drug). Mais Hannah, la coquine, a très envie de son mari. Une femme mûre dans le corps d'une adolescente = le fantasme de tout homme (c'est elle qui le dit, on n'aurait pas osé). Mais il s'y refuse. L'excellent jeu des acteurs (David Duchovny et la jeune Olivia Thirlby en premier lieu) et la réalisation tout en douceur de Vincent Perez font de
Si j'étais toi un film touchant. Pour ceux qui n'ont pas l'esprit emprisonné dans la réalité en tout cas.
Remake américain de Himitsu,
Si j'étais toi est décevant par rapport à son modèle asiatique : les nombreux clichés (c'est bien connu que les étudiants américains sont tous des drogués qui ne vivent que pour le skate et l'alcool) viennent gâcher ce film qui semblait prometteur. Cela dit, il faut noter les très bonnes performances de David Duchovny et de la jeune Olivia Thirlby.