Le rat des villes et le rat des champs
Souris City est le premier film d'animation de Sam Fell et David Bowers. Il mêle des personnages en pâte à modeler, spécialité des Studios Aardman (
Wallace et Gromit), à des images de synthèse signées Dreamworks (
Shrek).
Roddy, rat bourgeois et solitaire, vit dans sa grande et belle cage dorée jusqu'au jour où Syd, rat d'égouts dégoûtant, fait son apparition dans sa maison et le jette dans la cuvette des toilettes. Dès son arrivée à Souris City, Roddy va faire la connaissance de personnages hauts en couleurs (Rita, jolie petite rate au caractère bien trempé) et très drôles (les limaces ou encore la bande de « pseudo ninjas » de Ze Frog, cousin français de Crapaud).
On reconnaît essentiellement l'aspect « so british » des Studios Aardman par le personnage de Roddy. De même, point caractéristique de la Dreamworks, les références cinématographiques ne manquent pas : Nemo au début du film et un peu plus tard la tête de Gromit apparaît une fraction de seconde à l'écran.
Même si Roddy et Rita échappent un peu facilement et rapidement aux sbires de Crapaud, certains passages restent néanmoins très drôles ; surtout quand les limaces hurlent, chantent et courent encore moins vite qu'une bande d'escargots unijambistes ! Bien que personnages secondaires, ces petits mollusques sont ceux qui prêtent le plus à sourire, voire à rire.
Ce film d'animation est également remarquable par sa bande originale très rythmée et très bien placée, par exemple durant la course poursuite en batteurs électriques.
Un humour gentillet mais superficiel
Shrek est bien connu pour son double impact ; c'est-à-dire que les enfants voient un conte de fée moderne où nous autres adultes voyons une parodie de Walt Disney, pleine d'ironie et d'impertinence. Il en est de même, à plus petite échelle, dans
Souris City. En effet, le fait que Crapaud veuille noyer tous les rats lors de la coupure publicitaire de la Coupe du Monde est une critique implicite du racisme, voire des génocides. Dommage qu'il n'y ait pas plus d'ironie de ce genre dans
Souris City qui nous aurait davantage rappelé le côté décapant de
Shrek.
En venant voir ce film on s'attend à l'humour piquant de
Shrek et aux qualités esthétiques de
Wallace et Gromit. Or, l'humour est bel et bien là mais trop gentillet et superficiel. Pour ce qui est de l'esthétique, les images de synthèse priment sur la pâte à modeler qui n'est vraiment visible qu'au niveau des visages. Ce film fera certainement l'unanimité auprès des plus petits mais les moins jeunes seront sûrement un peu déçus par le manque de subtilité auquel nous avaient habitués ces studios.
On finit par aimer les souris
"Ce n'est pas que pour les enfants !!". Drôle, tendre, bien rythmé : on passe un très moment devant ce
Souris City. Ne vous attendez pas à un synopsis surprenant mais on ne s'ennuie pas une seconde.