Dr Parker and Mr Spidey
Après un premier volet réussi, Spider-Man revient toujours sous la tutelle de Sam Raimi. Evitant les pièges traditionnels d'une séquelle de blockbuster « bigger and lourder » prétexte à de la simple redite mais avec 100 millions de budget en plus, la saga, après avoir posé ses personnages, va désormais profondément bouleverser le genre du film de super héros.
Spider-Man 2 est un peu plus exigeant que le premier volet. En suivant l'avancée chaotique de Peter Parker dans les règles posées par sa nouvelle vie, Raimi décide consciemment de mettre plus en retrait le super héros masqué. Le déchirement identitaire du personnage (Qui suis-je finalement ? Spiderman ? Peter Parker ? Les deux ?) sert de fil rouge au récit naviguant entre légèreté via les couleurs très vives assumant le coté bd du film ainsi que des situations proches d'un sitcom avec ces touches de comiques de situation hilarantes (mention spéciale à la scène de l'ascenseur) et gravité dans la mesure ou Parker va s'en prendre physiquement et psychologiquement plein la gueule. Parce qu'à ne pas arriver à choisir entre une vie normal (les amis, les amours, les emmerdes de la vie quotidienne) et son rôle de sauveur (thématique très appuyée dans
Spider-Man 2, et qui trouvera son apogée dans la scène du métro) on fini par tout perdre, Parker est dans ce volet l'épicentre du récit. Avec toutes ces étapes et ces coups durs qui vous font finalement grandir. Il est même étonnant de constater à quelle point les scènes d'action sont finalement peu nombreuses pour le plus gros blockbuster de 2004, bien qu'ici la qualité prime sur la quantité, et sur ce point la scène du métro est sans problème une des scènes d'action les plus jouissives des années 2000.
Harder, better, faster, stronger
Qu'est ce qui différencie un bon blockbuster estival à un vrai bon film de studio ? L'âme. Par son coté touchant, parce que Parker reste profondément humain et proche de chacun d'entre nous,
Spider-Man 2 s'élève de la catégorie ultra codifiée du film de super héros, comptant il est vrai que très peu de réussites finalement, et s'impose comme une véritable réussite à part entière. Même les méchants de la saga, ne le sont jamais vraiment et obéissent plus à leurs propres règles pour faire ce qu'ils jugent bon. On est bien loin du méchant de base qui veut détruire le monde, et dans ce second volet le Docteur Octopus est juste un homme devenant un monstre mécanique incapable de contrôler ses émotions suite à un accident. Certains pourront se plaindre que le combat final entre Spiderman et Octopus soit si vite expédié, mais l'intérêt du film est ailleurs. Plus dans les rapports entre les personnages et leurs failles intérieures que dans la débauche d'effets visuels, bien que ceux-ci soient parfaits ici.
Alors tant pis si le film flirt à quelques petites reprise avec la guimauve (voir Mary Jane courir en robe de mariée au ralenti fait violemment penser à Rachel dans
Friends), tant le film se refuse à tout cynisme en préférant le goût du bonbon doux-amer. Et puis depuis combien de temps n'avions nous pas un film au cinéma avec des yeux de gosses ?