"X Files : Régénération" plaira surement à ceux qui veulent juste un bon film d’été, bien foutu et bien joué. Les fans eux, après six ans d’attente, peuvent tenter l’expérience, quitte à une sévère déception ensuite.
Un bel épisode d'une heure 45, rien de plus
Le film démarre plutôt bien, le montage parallèle dévoilant les prémices de l'intrigue met directement dans l'ambiance. Et, afin de confirmer une fois de plus qu'X-Files est avant tout une série à forte ambition cinématographique, la photo est superbe, la mise en scène sobre et les cadrages, mettant joliment les avant les décors naturels de l'histoire, élégants. D'un point de vue formel, le film flatte la rétine sans en foutre plein la gueule.
On retrouve donc Mulder et Scully, six ans après la fin de la série, et même si les intentions sont viables sur leurs personnalités (ils sont profondément les mêmes tout en étant plus résignés suite aux ultimes événements de la série), le traitement du retour des agents dans cette nouvelle affaire laisse un peu dubitatif. Tous les éléments centraux du final de la saison 9 sont donc jetés aux orties en deux minutes montre en main, et X Files le film peut devenir X files la série, comprendre un loner étalé sur 1h45. Les clins d'œil sont légions dans la première demie-heure,
Duchovny et
Anderson reprennent les automatismes de leurs persos en une seconde, et le duo fonctionne très bien dans la première bobine.
We wanted to believe
Second problème, alors que le film traite principalement de l'implication quasi maladive de Mulder envers sa volonté de croire, et du déchirement de Scully entre sa foi religieuse et scientifique, ces thématiques mènent à séparer trop souvent le duo, chacun devant trouver individuellement SES réponses. Du coup, la dynamique du binôme fonctionne tout le long du film en courant alternatif.
L'enquête en elle-même devient donc prétexte à une nouvelle remise en questions de fondements intérieurs des deux protagonistes. Cela pourrait aller, mais l'avancée de l'intrigue est assez laborieuse, trop longue, pas assez excitante. Le problème vient tout simplement de la campagne promo du film qui maintenait très habilement le mystère sur l'histoire principale. Sauf que la résolution n'a rien de sidérante, en tout cas rien qui puisse justifier tout ces secrets. Tout ça pour ça.
Mais le goût amer de la déception s'intensifie franchement avec la dernière image de Mulder et Scully lors du générique de fin. Image qui est certes viable au niveau de la progression psychologique des personnages, mais totalement à la ramasse dans son traitement visuel. Une faute de goût presque impardonnable pour Chris Carter qui, jusque-là, avait peut-être lâché son auditoire en cours de route par un script pas assez dense pour tenir la longueur, mais témoignait d'une véritable envie de cinéma dans ses cadres et sa photo.
Foi ébranlée
X-Files : Régénération a donc ses vraies qualités mais aussi ses gros défauts, la série lorgnait du cote du cinéma, le film lorgne trop vers un loner classique.
X Files 2 est comme
X Files 1, un épisode de luxe, mais qui perd de son ampleur, manque de rythme et d'action, privilégiant l'atmosphère, certes réussie, au service d'une histoire qui aurait mérité d'être plus soignée et surtout de tenir compte que six ans se sont écoulés depuis la fin de la série.