Une institution britannique se retrouve dans la tourmente. Des médias du Royaume-Uni rapportent ce mercredi 15 avril que la BBC va supprimer 2.000 postes, soit environ 10% de ses effectifs, afin de réduire ses coûts au cours des trois prochaines années. Cette restructuration massive représente la plus grande vague de licenciements au sein du groupe audiovisuel depuis 15 ans.
Précédemment, le géant des médias, qui fait face à une baisse de ses revenus, souhaite économiser 500 millions de livres (575 millions d’euros) sur ses coûts annuels totaux de cinq milliards de livres ces deux prochaines années, selon un mail envoyé aux salariés du groupe et transmis à l’AFP. Il avait annoncé son intention de réduire ses coûts de 10%, mais n’avait pas dévoilé l’impact sur les salariés. En conséquence, "nous anticipons une diminution globale de 1.800 à 2.000 emplois", est-il ajouté dans ce document signé du directeur général par intérim de la BBC, Rhodri Talfan Davies, qui a reconnu que cette information était "difficile". Selon l’agence PA et la chaîne Sky News, ces suppressions d’emplois ont été annoncées au personnel mercredi, peu avant l’arrivée du nouveau directeur général de la BBC, Matt Brittin, ancien dirigeant de Google, qui prendra ses fonctions le 18 mai.
Un scandale avait fait tomber le précédent titulaire du poste, Tim Davie, et la rédactrice en chef, Deborah Turness. Les deux cadres de la télévision publique britannique avaient dû démissionner en novembre dernier, un an après la diffusion d’un montage trompeur de discours de Donald Trump. Le chef d'État a porté plainte en diffamation en Floride et réclamé 10 milliards de dollars à la chaîne. Un juge fédéral a fixé la date du procès à février 2027.
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Les difficultés de la BBC ont été accentuées par une baisse des revenus tirés de la redevance annuelle, qui est de plus en plus contestée et victime d’une fraude croissante. "La BBC fait face à d’importantes pressions financières, auxquelles nous devons réagir rapidement", a justifié Rhodri Talfan Davies, citant "une inflation des coûts de production qui reste très élevée, une redevance et des revenus commerciaux sous pression, et une économie mondiale qui demeure instable".
Dans l’immédiat, l'institution, qui a déjà procédé à plus d’un demi-milliard de livres d'économies au cours des trois dernières années, va "instaurer des contrôles plus stricts sur le recrutement et les déplacements" des salariés, ou encore diminuer les dépenses liées à la participation à des évènements. Avant de couper dans les effectifs à plus long terme.

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