Pour leur première collaboration, Prime Video et M6 frappent fort avec le blockbuster à suspense "Le Charles". Diffusée sur la plateforme de streaming depuis ce 23 octobre, avant d’atterrir sur la TNT dans quelques mois, cette série de six épisodes est la première fiction tournée à bord du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle. Le récit suit l'équipage du navire amiral de la marine française, en pleine mission stratégique et endeuillé par le meurtre puis la disparition de membres de son attelage. Face au danger, un gendarme militaire est dépêché en urgence à bord pour mener l'enquête. Il fallait "au moins deux diffuseurs pour nous permettre de mener ce projet fou", soulignait le réalisateur Julien Despaux, lors d’une conférence de presse en marge du Festival de la fiction de La Rochelle. Le résultat est au rendez-vous pour ce thriller en haute mer porté par un casting qui tient la barre haute, avec Alban Lenoir, Elodie Yung ou encore Constance Labbé ("Cat's Eyes").
Lieu interdit au public, le mastodonte de la flotte française a néanmoins servi de décor à cette production, grâce à l’aval de l’Armée française. Comédiens et techniciens ont ainsi embarqué aux côtés des militaires pour douze jours en mer, et ont pu mettre en boîte des séquences au beau milieu d’un bâtiment "en fonctionnement et en exercice permanent". Pourtant, aucun droit de regard n’a été demandé par la marine nationale sur le contenu des images. "Aucun contrôle artistique, aucune demande même. Elle n’a pas du tout commandité le projet. C’est tout l’inverse. C’est nous qui avons imaginé ce projet et qui sommes allés les voir avec nos idées", témoignait le metteur en scène.
En revanche, les militaires ont prodigué des conseils sur les questions techniques et de vocabulaire, ont relu des passages du scénario, mais sans jamais s’opposer aux choix narratifs. "À aucun moment, on nous a dit : 'Vous n'avez pas le droit de dire ça' ou 'on va valider des choses'. C’était très clair dès le début. Ils ont accepté le jeu de la fiction et à aucun moment, il n'y a eu une envie de contrôler", assure Julien Despaux. Par acquis de conscience, les équipes de la série ont néanmoins montré les deux premiers épisodes et certaines scènes sensibles pour être sûrs de ne pas mettre en danger la sécurité nationale. "Ça s’est très bien passé. Ils s’y retrouvent et à la fois, ils voient que c’est la fiction", soulignait le réalisateur, heureux de voir l’investissement des troupes sur le tournage ainsi que leur satisfaction lors de la projection.
Pour les comédiens, jetés dans le bain du quotidien du porte-avions, sans réelle préparation, le défi était également corsé. Heureusement là encore, ils ont pu compter sur la bienveillance des membres de l’équipage, qui les ont très bien accueillis. "Je me faisais une idée des corps militaire très vieux et fermés. En fait ce sont des gens passionnés qui sacrifient leur vie privée. On a rencontré des gens qui sont ouverts à l’idée de nous expliquer leur métier et en même temps il y a ce truc où quand ça devient sérieux, on comprend qu’il faut se faire tout petit", souriait Bruno Sanches lors de la même conférence. L’humain a donc pris le dessus sur les codes pour ce divertissement ambitieux.
