Les syndicats de RMC et BFMTV vent debout contre Barbara Lefèbvre. Ils réclament en effet le retrait de la chroniqueuse de leurs antennes dans un communiqué, après sa condamnation le 15 avril pour injure raciale. L’intervenante régulière des "Grandes gueules" avait estimé en 2024 que la communauté des gens du voyage n'avait "pas les codes d’une société civilisée". Elle a hérité d'une amende de 1.000 euros par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris mais pourrait perdre plus gros. "Nous attendons maintenant, à l'aune de cette condamnation, que la direction se positionne de manière claire et sans équivoque : cette chroniqueuse tenant des propos racistes n'a rien à faire sur nos antennes", soulignent les syndicats, en colère contre la passivité de leurs dirigeants.
"Nous ne tolèrerons pas que la direction invoque, pour ne pas agir, la présomption d’innocence en cas d’appel de Barbara Lefèbvre. En effet, le caractère haineux de ses propos ainsi que la désinformation ne fait aucun doute et est intolérable. Nous refusons que l’antenne de RMC et les rédactions soient associées à ce genre de propos", estiment-ils. L’animateur Olivier Truchot a fait part de son intention de conserver sa collaboratrice dans l’attente de la décision en appel.
L'enseignante de formation comparaissait le 4 février dernier devant la justice pour ses propos tenus dans l'émission du 8 avril 2024 sur la communauté des gens du voyage. "Non, ils n'ont pas les codes d'une société civilisée. Alors ils vivent selon leurs règles. Les gens du voyage, les machins. On voit souvent des reportages, je veux dire, sur la question des animaux. Quand vous avez des cirques qui sont tenus par des gens du voyage, je vous raconte pas l'état dans lequel sont les animaux. Va demander à un préfet, aux instances vétérinaires départementales de venir chercher les animaux. Tu les as tous sur le dos et ils t'attendent à coup de barres de fer. Donc moi je suis navrée : il y a des gens, ils n'ont pas les codes. Si vous avez pas les codes, la porte est ouverte", estimait-elle.
Les Sociétés des journalistes (SDJ) et les syndicats de RMC et BFMTV avaient déjà demandé sa tête en juin 2025 après que "les déclarations haineuses" de la chroniqueuse aient "entaché la réputation" de leurs rédactions. Elle avait notamment affirmé qu’il fallait "vider Gaza", comme le proposait le président américain Donald Trump. "Il faut que ces gens-là aillent vivre ailleurs", avait-elle ajouté. À l’époque, "la direction de RMC a pris soin de convoquer Barbara Lefebvre, de se désolidariser de cette déclaration et de mettre temporairement à l’écart" l'intervenante. Les associations avaient ensuite reproché à l'essayiste d’avoir, lors d’un gala de soutien à l’armée israélienne, "animé un quiz" sur "la part de civils gazaouis morts depuis le début de la guerre". Puis, quelques mois plus tard, d'avoir divulgué une fausse information en direct sur l'absence de génocide à Gaza.
"Pourquoi cette complaisance de la direction envers une chroniqueuse animée par le racisme et la haine ? Pourquoi maintenir depuis si longtemps une chroniqueuse qui tient des propos condamnables et qui alimentent la désinformation", demandent aujourd'hui les syndicats à l'état-major du groupe.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2