"J'ai trouvé ces attaques ignobles (...), nous sommes ici en France, c'est la République française qui reconnaît tous ses enfants quelle que soit leur origine", a réagit sur RTL Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, en ajoutant: "je suis très choqué par ces propos". "On ne peut pas avoir ce genre de dérapage. C'est inacceptable", a-t-il insisté.
Sur France Inter, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a aussi condamné "des attaques ignobles, inadmissibles". "La liberté d'expression ne peut pas aller contre les règles du droit, les règles de la civilité", a-t-elle ajouté en référence à CNews, qui fait de la liberté d'expression son étendard.
Vendredi, un débat sur cette chaîne a porté sur les premiers jours du mandat de Bally Bagayoko, élu dès le 1er tour des municipales. Est-ce que ce maire "essaye de pousser les limites ?", demande le présentateur. "Sûrement qu'il y a un peu de ça. Maintenant, c'est important de rappeler que l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu - nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus - il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité", a répondu le psychologue Jean Doridot en plateau.
"Il n'y a pas une nouvelle France et il y a pas non plus une France qui va disparaître (...). Il y a une France qui intègre, qui est une France de cohésion nationale", a commenté Laurent Nuñez.
Invité au même moment sur France Inter, Bally Bagayoko a lui regretté le manque de soutien au plus haut niveau de l'État après ces commentaires racistes: "Ce qui est plus scandaleux, c'est qu'il n'y a aucune condamnation (...) au niveau de l'Élysée, pour porter la grandeur (de) ce qu'est la France, qui a toujours été première de cordée en fait contre les propos racistes". Le ministre de l'Intérieur a concédé que c'était "très compliqué de vivre ensemble en ce moment", en relevant qu'au cours de la campagne des élections municipales, il y avait eu "130 faits judiciarisés", illustration de la tension qui a régné.
Le maire de Saint-Denis, qui a déposé plainte, a appelé à un rassemblement contre "le racisme et les discriminations" samedi prochain devant son hôtel de ville.

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