Mercredi 15 septembre, l'autrice Catherine Meurisse a conclu l'émission de France 5 "La grande librairie" avec la séquence intimiste "Droit dans les yeux". La semaine dernière, c'est Adèle Haenel, venue présenter son livre "Viser juste", qui s'était prêtée à l'exercice. La comédienne avait débuté sa carte blanche en évoquant la difficulté à rompre le silence autour des violences sexuelles, avant de lancer : "L'État d'Israël commet un génocide en Palestine. Et la France est complice. N'acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine". "Adèle Hanel, une carte blanche personnelle, libre, droit dans les yeux", avait conclu Augustin Trapenard avant de remercier ses autres invités du soir et de rendre l'antenne.
Ceux qui n'avaient pas pu visionner cette séquence et pensaient pouvoir se rattraper grâce au replay de France Télévisions se sont retrouvés le bec dans l'eau. Le groupe public a en effet décidé, quelques heures après l'intervention d'Adèle Haenel, de supprimer sa séquence. En cause, l'absence de contradicteurs face à la comédienne pour "contrebalancer" ses propos, avait indiqué France Télévisions à "Télérama". "Ce qui est assez fou, c’est qu’ils [France Télévisions] font absolument la démonstration parfaite de la pertinence des propos qui consistaient à dire qu’il y a certains mots, certaines réalités que tout le monde sait et qui ne doivent surtout pas être dits", avait réagi quelques heures plus tard Adèle Haenel qui avait voulu, dans son texte, faire un lien entre le silence autour des violences sexuelles et celui "autour du génocide en Palestine".
Une semaine après cette carte blanche, c'est Augustin Trapenard qui a pris la parole, dans la foulée du générique de lancement du numéro de "La grande librairie" diffusé le 16 septembre sur France 5. "La parole de ces écrivains, c'est important de le rappeler, ce n'est pas la parole du politique ou la parole de l'expert : c'est une parole d'artiste. Une parole qui tremble parfois, qui trouble souvent, et c'est pour ça qu'elle est forte, a débuté le journaliste. Quand j'ai repris cette émission, c'est ma cinquième saison, j'ai souhaité qu'on puisse l'entendre, cette parole. J'ai souhaité que chaque 'Grande librairie' se termine par un texte qu'aurait écrit un de mes invités, une carte blanche, présentée, encadrée comme telle, droit dans les yeux. Cette séquence, vous la connaissez, elle a donné lieu à des moments très forts que vous avez beaucoup partagés, a-t-il poursuivi. On peut ne pas être d'accord avec ce qui est dit, on peut contester, on peut interroger tout ce que vous voulez. Mais chaque écrivain s'est exprimé en toute liberté, dans les limites de la loi. Pour nous, c'est essentiel. [...] Prendre la parole, c'est toujours prendre un risque. Souvenez-vous que donner la parole aussi", a-t-il conclu.