D'actrice à autrice engagée, Adèle Haenel a effectué "un choix politique" après avoir été la figure de proue du mouvement #MeToo en France. Mercredi soir, la militante s'est assise sur le fauteuil de "La Grande Librairie" et a eu le droit aux honneurs de la traditionnelle séquence "Droit dans les yeux". Augustin Trapenard laisse en effet l'opportunité d'une carte blanche à l'un de ses invités de lire face caméra "un texte qu’il (a) écrit", de façon "totalement libre". Pendant près de deux minutes, la comédienne césarisée en a profité pour évoquer deux sujets qui lui tiennent à cœur : les violences sexistes et sexuelles et la guerre au Moyen-Orient, qui selon elle, ne sont pas assez mises en lumière.
La vidéo a très vite fait le tour des réseaux sociaux et des chaînes info. La cause ? La dernière partie de son intervention au cours de laquelle celle qui a renoncé au cinéma interpelle les téléspectateurs sur le conflit israélo-palestinien avec un avis bien tranché. "Mais puisque je suis ici, il faut parler pour redire ce qu’il y a dans ce silence afin que tout le monde l’entende. L’État d’Israël commet un génocide en Palestine, et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable. Alors sanctionnez Israël, et libérez la Palestine", exhorte-t-elle.
Voyant la gronde prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux, France Télévisions a décidé de supprimer la pastille, mais aussi le replay intégral de "La Grande Librairie" de sa plateforme france.tv. Contacté par "Télérama", le groupe public explique que la position d’Adèle Haenel n’a pas pu être contrebalancée par "plusieurs points de vue, ce que notre cahier des charges impose". En conséquence, "suite à l’analyse de la séquence, à titre conservatoire, nous avons procédé à la dépublication de la vidéo", a-t-il reconnu, s'évitant ainsi une intervention possible de l'Arcom.
L'autrice de "Viser Juste" avait anticipé la décision du diffuseur et a posté une vidéo sur Instagram, dès le lendemain, pour réagir à ce propos. Elle en a profité pour repartager son passage où elle explique clairement avoir "fait un lien entre la silenciation et le déni autour des VSS et la silenciation et le déni autour du génocide en Palestine". "Ce qui est assez fou, c’est qu’ils font absolument la démonstration parfaite de la pertinence des propos qui consistaient à dire qu’il y a certains mots, certaines réalités que tout le monde sait et qui ne doivent surtout pas être dits. Ce qui est bien, c’est qu’ils nous ont aidés à faire notre démonstration", souligne la féministe engagée avant d'adresser ironiquement ses "félicitations à France Télévisions".