Canal+ n'exclut pas d'être candidat au nouvel appel d'offres pour diffuser la Ligue 1 de football qui sera lancé début novembre, à condition toutefois qu'il puisse y gagner de l'argent, a indiqué jeudi le patron du groupe audiovisuel, Maxime Saada. "Je pense que nous verrons le moment venu, nous évaluerons la situation. Mais ce que je peux vous dire, c'est que nous ne mettrons pas d'argent si nous pensons que nous ne pourrons pas le récupérer. Ça ne peut pas être une dépense sans profits", a déclaré M. Saada, qui s'exprimait en anglais, lors d'une conférence en ligne de présentation des résultats financiers de Canal+. Il était interrogé sur le lancement anticipé de cet appel d'offres à partir du 3 novembre et jusqu'au 7 décembre, annoncé mercredi par la LFP (Ligue de football professionnel).
"Si nous faisons quelque chose dans ce domaine, cela doit être rentable. Nous sommes dans une position où nous n'avons pas vraiment besoin de ces droits, donc nous les considérerons comme une opportunité, puis nous examinerons les conditions et la situation du marché", a conclu le dirigeant.
Depuis l'échec de l'éphémère diffuseur Mediapro en 2018, préféré à l'époque à Canal+, le football français est plongé dans une longue crise des droits TV. Le contentieux entre la LFP et Canal+, ancien diffuseur historique du foot français, avait enflé en 2021 avec l'entrée en force d'Amazon Prime Video, qui avait récupéré 80% des matches pour la période 2021-2024. Canal+ s'était senti lésé et, après une bataille judiciaire, avait fini par ne plus participer aux enchères pour l'attribution des droits de la Ligue 1, misant sur d'autres droits, comme ceux de la Ligue des champions.
En juin 2025, après des discussions qui n'avaient pas abouti, Canal+ avait renoncé à distribuer la chaîne créée par la LFP pour diffuser la L1. Sans diffuseur, la LFP avait lancé dans l'urgence sa propre plateforme, Ligue 1+. Mais Ligue 1+ n'a pas permis de générer suffisamment d'argent pour les clubs, très loin du niveau de revenus auquel ils étaient habitués du temps de Canal+. Avant que la LFP ne décide de se séparer de son diffuseur historique en 2018, les droits TV rapportaient près de 600 millions d'euros par an. Depuis, le foot français n'a cessé de perdre de la valeur.
