Fabienne Sintès (France Info) : "Personne ne m'a parlé d'objectifs chiffrés"

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Fabienne Sintès (France Info) : "Personne ne m'a parlé d'objectifs chiffrés"
Fabienne Sintès, nouvelle voix de la matinale de France Info.
Fabienne Sintès, nouvelle voix de la matinale de France Info. © DR, C. Abramowitz / Radio France
Rencontre avec Fabienne Sintes, ancienne correspondante permanente de Radio France à Washington, qui co-présente avec Célyne Bayt-Darcourt, la nouvelle matinale de France Info.

C'est la bonne surprise de cette rentrée radio. La nouvelle matinale féminisée de France Info, incarnée par le duo Célyne Bayt-Darcourt et Fabienne Sintes. Sur le fond et la forme, ce nouveau rendez-vous entre 8 et 10 heures change radicalement avec ce que proposait ces dernières années la radio toute info du groupe public. Rencontre avec Fabienne Sintes, ancienne correspondante permanente de Radio France à Washington.

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Propos recueillis par Benoît Daragon.

puremedias.com : Après deux semaines d'exercice, comment vous sentez-vous ?

Fabienne Sintes : Fatiguée ! Les deux semaines ont été intenses mais c'était suffisamment grisant pour que je ne pose pas ma démission !

Blague à part, c'est un exercice nouveau pour vous la présentation...

J'avais fait un peu de présentation au début de ma carrière en locale et à mon arrivée à France Inter il y a quinze ans. Mais je n'avais jamais présenté de tranche de ma vie ! Faire un journal, je vois à peu près les contours mais tenir deux heures d'antenne, c'est un autre exercice. Je tâtonne sur beaucoup de choses. Certains mécanismes ne sont pas encore là et je vois très bien là où il faut que je travaille.

Quels sont les points sur lesquels vous vous sentez à l'aise ?

Sur le journal qui ouvre mes deux heures. Je prends beaucoup de plaisir à l'écrire. Et comme je débute par ça, ça me donne une bonne énergie pour la suite. Je commence désormais à m'amuser dans le ping-pong avec les intervenants. Surtout avec certains, je ne les connaissais que comme auditrice ou parce que je les avais eus au téléphone plusieurs fois par jour quand j'étais à Washington !

"Quand on est reporter, on peut tricher avec des coupes"

Quelles sont les points sur lesquels vous voulez encore travailler ?

L'interview en direct. Quand on est reporter, on peut tricher avec une coupe ici ou là. Mais là, il ne faut pas se rater. Je prépare mes questions la veille quand l'actualité ne change pas pendant la nuit. Je me lève tôt pour faire la matinale mais, dès qu'elle est terminée, je me mets déjà sur celle du lendemain ! Je ne déconnecte jamais. Donc, je suis déjà entrée au couvent (rires). Je le savais, mais je ne pensais pas prononcer mes voeux aussi vite !

Pourquoi avoir choisi de revenir en France ?

Il était prévu dans mon contrat que je rentre en France le 30 juin 2013. Avant de partir à Washington, je me disais que j'avais l'âge d'arrêter les reportages. C'était l'aubaine parfaite. Il s'est passé tant de choses pendant ces six années que je ne me voyais pas non plus aller dans un autre pays. Donc j'ai fait savoir que la présentation me tentait et France Info, qui refaisait sa grille, m'a fait très vite une proposition. Et je me suis dit qu'ils étaient tarés de me proposer la matinale ! Moi qui voulais me refaire peur, c'est gagné !

"L'élection d'Obama, c'était objectivement génial"

Vous ne craignez pas d'avoir le mal du terrain ?

Pour l'instant, je n'ai aucune frustration, même quand je couvre l'actualité internationale. Mais reposez-moi la question dans six mois ! Rien n'est figé dans le bronze si, un jour, être sédentaire ne me convient plus, je trouverais bien un nagra quelque part !

Nicolas Poincaré, Christophe Hondelatte, Jean-Luc Hees, etc. Beaucoup d'anciens reporters sont passés ensuite de l'autre côté du micro. Comment expliquez-vous ça ?

Après une vingtaine d'années de reportage, votre regard s'émousse. Vous courez aussi moins vite ! L'élection d'Obama, c'était objectivement génial. La réélection a été moins festive. Si j'avais dû faire la prochaine présidentielle, je ne suis pas sûre que j'aurais mis la même énergie... Je suis contente d'être partie avant l'année de trop, celle où vous en avez marre et où vous avez l'impression d'avoir tout déjà vu.

"On a longtemps été seuls sur le créneau de l'info en continu"

Vous incarnez la relance de France Info. Une pression particulière ?

Il y a des enjeux, bien sûr, mais je n'y pense pas. Personne ne m'a parlé de chiffres ici, on ne m'a pas donné d'objectif. Je pense que c'est une chance pour France Info d'avoir à se redemander ce que nos auditeurs attendent de nous et ce qu'on peut apporter de plus que les autres. On a longtemps été seuls sur le créneau de l'info en continu. Avec l'arrivée des chaînes de télévision et des sites d'actu, notre audience s'est fragmentée. Mais si on était mauvais, on irait beaucoup plus mal. Nos auditeurs sont devenus des mutants multimédias. France Info doit être ce monstre tentaculaire qui doit pouvoir attirer leur attention sur tous les médias. Et sur l'antenne, il faut mettre un peu de personnalité pour que les gens aient encore envie de nous écouter.

Justement, vous êtes assez détendue, même drôle à l'antenne. France Info n'a pas habitué ses auditeurs à ce ton...

La direction m'a simplement demandé d'apporter ma personnalité à l'antenne. Je suis donc arrivée comme je suis ! Je ne sais pas être austère. Les gens ne sont pas chiants à France Info mais parfois la gravité de l'info l'emporte. L'idée est que Célyne et moi apportions un peu plus de convivialité.

Des femmes à la tête d'une matinale dans un PAF masculin, ça fait plaisir aux oreilles !

C'est un truc de journaliste ça ! Mais qu'on en parle montre le chemin à parcourir... Sur les autres stations, il n'y a que des mecs... entourés de femmes ! Aujourd'hui, il n'y a plus d'étonnement, plus de problème de légitimité. Si Célyne et moi avions été nulles, ils ne nous auraient pas mises à l'antenne ! Mais regardez le chemin parcouru par France Info qui, à sa création, en 1987, ne mettait pas de voix féminines à l'antenne car ce n'était pas "crédible". Quand j'étais reporter, ça a toujours été facile pour moi sur le terrain. Jamais on ne m'a fait de réflexion. Les pionnières, ce sont des femmes comme Laurence Simon, Florence Schaal, Marine Jacquemin ou Martine Laroche-Joubert. Ca a été beaucoup plus compliqué pour elles. Elles nous ont ouvert la voie.

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