Hors de contrôle : Mel Gibson de retour dans un thriller sans épaisseur

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Hors de contrôle : Mel Gibson de retour dans un thriller sans épaisseur
Deux jolis noms à l'affiche, et une belle déception à la fin. Sans grand suspense, "Hors de contrôle" peine à passer la seconde et se contente de molles courses-poursuites et de grosses scènes larmoyantes et lourdingues.

Si quelques onomatopées du type « Pan, pan ! Vrouuuum. Boum ! » suffisent généralement à résumer la moitié des scénarios des films d'action d'Hollywood, Hors de Contrôle n'est pas de ceux-là. Il n'y a pas d'explosion à la fin. On se contentera donc d'une poignée de « pan t'es mort » guère convaincants et de voitures qui grondent - le compteur bloqué à 20 km/h, Mel Gibson faisant aussi peur que Oui-Oui traversant le pont du pays des jouets.

Mel Gibson est Craven. Craven est flic. Un vrai flic de cinéma, avec de vraies répliques de cinéma. Flingue planqué sous la cloche à fromage, gros plan sur son visage taciturne, sa vie bascule le jour où sa fille s'effondre sur son pallier, abattue de deux balles. Il paraît que c'est lui qui était visé, mais Craven enquête. Passons rapidement sur ce scénario ballon de baudruche qui explose au moindre coup de feu. Pas difficile de reconnaître les méchants, ce sont ceux qui observent la ville depuis l'immense baie vitrée de leur bureau, les mains dans le dos, demandant froidement « qu'est-ce que ça fait de voir sa fille mourir ? ».

Les gentils ? Ceux qui tombent comme des mouches. L'intrigue ? Dans un centre de recherche nucléaire hyper sécurisé, le méchant (celui qui regarde la ville par la baie vitrée avec les mains dans le dos) fabrique quelque chose d'autre, mais quoi ? Le premier qui dit « bah des armes nucléaires, bouffon » avant le héros a perdu. Et les super méchants ? Les politiques, sénateurs véreux comme militants écolos trouillards. Tous pourris, quoi. Eh oui, c'est ça madame la journaliste, vous n'avez qu'à laisser votre carte, et quand Craven vous répond « je vous rappelle au besoin », on ne se doute pas une seule seconde qu'il va balancer les documents confidentiels au monde entier.

Martin Campbell semble avoir oublié son "Casino Royale"



Caressant, de loin et timidement, une intrigue nucléaire et terroriste pourtant d'actualité, Martin Campbell frôle les démons de l'Amérique sans les affronter. Comme si le fait de les insinuer sans en parler lui assurait un meilleur accueil du public. Reste l'action. L'union du réalisateur de Goldeneye et de l'acteur de L'Arme Fatale était pleine de promesses. Vaines. Il n'y a ni la force d'un Payback dans le jeu de Gibson, ni la réal sophistiquée de Casino Royale.

Deux sursauts en tout et pour tout dans tout le film, des scènes prévisibles, et pas vraiment d'émotion pour relever le niveau. On se doute évidemment que Craven va devenir hors de contrôle (pas bête, on a pensé à regarder le titre du film avant d'entrer dans la salle), et on n'a qu'à attendre qu'il dézingue du vilain à la chaîne et sans scrupule. Alors il fout du bourre-pif en nous bourrant le mou (pour reprendre une expression chère à ce brave Craven) sans parvenir à approcher la noirceur d'un Scorsese ou le style d'un Johnny To.

Et dire que Mel Gibson avait une belle carrière de réalisateur devant lui, et qu'il l'a mise de côté pour ça. Hors de contrôle, on vous dit. Et hors sujet, aussi.

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