Depuis 2018, Julien Courbet parle d'économie, le dimanche soir, aux téléspectateurs de M6 dans "Capital". Il y a 38 ans, c'est Emmanuel Chain qui était aux commandes du programme qu'il avait lui-même imaginé : un magazine consacré aux questions économiques, qu'il abordait en les vulgarisant. L'ancien visage de M6 a incarné "Capital" de 1988 jusqu'en 2003, avant de céder sa place à Guy Lagache. Une transition qui ne s'est pas faite en douceur, comme s'est souvenu Nicolas de Tavernost, l'ancien président du directoire de M6, auprès du "Parisien", et ce même si Emmanuel Chain en était à l'initiative.
C'est en effet l'animateur producteur qui avait souhaité stopper la présentation du magazine de la Six pour se consacrer à la production, après avoir proposé à Nicolas de Tavernost un deal qu'il avait refusé. "Un jour, [Emmanuel Chain] m'annonce qu'il arrête 'Capital' pour créer sa société de production. J'étais triste. Il m'a dit : 'Je veux bien continuer à présenter 'Capital', si je le produis'. Je refuse, s'est souvenu dans les colonnes du journal francilien l'ancien patron de LFP Média. On recrute Guy Lagache, à qui on fait faire des essais. Je le trouve très bon, donc on décide de le mettre à l'antenne dès le mois de juin." Une décision qui a été le point de rupture entre Nicolas de Tavernost et celui qui a créé en 1999 avec Thierry Bizot la société Elephant : "On n'a pas diffusé les émissions mises en boîte par Emmanuel Chain, qui m'a mis une avoinée comme jamais, a relaté le dirigeant, qui cite cet accrochage comme la plus grosse brouille de sa carrière avec un animateur télé. J'ai gardé son message, tellement il était rude."
Invité d'Eric Dussard et Jade sur RTL dans "On refait la télé" en juin 2026, Emmanuel Chain était revenu, sans évoquer ce départ orageux, sur ses années à la tête de "Capital" : "J’ai passé 95% de mon temps de travail à M6, quand je faisais 'Capital', à fabriquer l’émission, et 5% de mon temps à la présenter. La présentation, c’était deux heures tous les quinze jours, le dimanche, plus deux ou trois heures de préparation. C’était très peu de temps. Et ce que j’aimais, c’était produire, fabriquer, avait-il expliqué, précisant n'avoir jamais été un "accro" à l'antenne. Le producteur n'envisageait d'ailleurs toujours pas il y a quelques mois un potentiel retour sur le petit écran : "Ce n’est pas du tout un sujet. Je n’ai absolument pas le temps de me projeter dans une histoire d’antenne", avait-il affirmé.