Vanessa Le Moigne couvrait l'actualité du football pour beIN Sports© beIN Sports
Harcelée sur les réseaux sociaux depuis la finale de la Coupe d'Afrique des Nations, remportée dimanche par le Sénégal après une fin de match rocambolesque, la journaliste de beIN Sports a annoncé qu'elle allait arrêter de couvrir le football pour son employeur. "Merci le foot pour les rencontres... pour les beaux moments mais next. Fin de saison, j'arrête et maintenant je me sens libérée", a écrit sur Instagram celle qui officie devant les caméras depuis avril 2012 sur la chaîne qatarie. Pour la journaliste, les nombreux incidents survenus lors de cette rencontre à rebondissements entre le Sénégal et le Maroc, et les critiques qui ont accompagné son interview du gardien sénégalais après la rencontre, l'ont poussée à dire stop à l'issue de la saison. Elle a néanmoins précisé sur son compte X qu’elle n’arrêtait pas "son métier" mais uniquement le suivi de l'actualité du ballon rond.
À l'origine de la déferlante de haine, de menaces et d'insultes qu'elle a reçue en privé, ses questions à Edouard Mendy à l'issue du chaos vécu lors de cette finale. "J’hésite à vous dire félicitations, je vais vous laisser commenter tout ce qui s’est passé sur la fin, c’est dramatique", avait-elle lancé au gardien sénégalais, rebondissant ainsi sur les débordements vécus dans le stade après le penalty litigieux accordé au Maroc à la fin du temps réglementaire. Cette interrogation, et celle sur un possible arrangement entre les deux sélections pour que le joueur marocain rate son tir et évite ainsi le chaos dans l'enceinte de Rabat, n'a pas plu à l'intéressé, ni certains supporters.
Sur Instagram, dans la nuit de mercredi à jeudi, Vanessa Le Moigne a relayé certains de ces messages véhéments avant de se justifier. "À ce moment-là, je ne sais pas si les deux jeunes que j’ai vu sortir sur une civière, inanimés, sont en vie", a-t-elle précisé dans sa série de publications, regrettant le manque de contexte apporté à la séquence. "Je ne parle pas de football. Des supputations d'arrangement pour la "paix" circulent sur les réseaux. Je dois poser les questions et cette question-là sur le penalty pour que la réponse de l'un des acteurs existe".
Déjà blessée par cet acharnement d'anonymes, le visage phare de BeIN Sports dénonce aussi le manque de soutien de ses confrères. "Que les supporters ne comprennent pas, c’est OK ! Mais mes amis, mes 'pairs' à l’affût de mon moindre fourchage de langue depuis des années : ils sont meilleurs visiblement. Sans aucun doute ! Je leur laisse la place", souligne-t-elle. Et d'ajouter, écœurée par un milieu qu'elle fréquente depuis plus d'une décennie : "Je ne suis pas Jeanne d’Arc. Après 1 mois à sacrifier ma vie de famille, après des années même à sacrifier ma vie perso. Stop ! Prenez le siège et ce qui va avec".
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Certaines figures de sa profession l'ont néanmoins épaulée dans ce moment difficile, à l’image de sa consœur de Canal+, Margot Dumont, laquelle a indiqué sur X : "Qu’on ne soit pas d’accord sur le ton d’une question, un angle pris ok, libre de le penser. Ça arrive et ça arrivera encore. Mais s’en prendre avec une telle violence et un tel plaisir pour certains à une personne c’est non et encore non".
Dans un communiqué, l'association FJS, Femmes journalistes de sport, a également tenu à soutenir Vanessa Le Moigne et "appelle l'ensemble des acteurs du journalisme sportif à une prise de conscience collective" pour éradiquer le fléau du harcèlement en ligne. "Exercer son métier ne devrait jamais exposer à la haine. Le harcèlement en ligne est un délit, et le silence n’est pas une option. Solidarité", écrit la convention.
Contactée par "L'Equipe", beIN Sports a précisé "ne pas commenter les prises de parole individuelles de nos collaborateurs sur leurs réseaux sociaux. Nous condamnons avec la plus grande fermeté, aujourd'hui comme par le passé, toutes les formes d'attaques visant les collaborateurs de beIN Sports". Elle continuera d'employer sa journaliste vedette, qui couvrira la fin de la saison de Ligue 2 avant de raccrocher les crampons et de s'orienter vers une autre discipline. "S’il y a autre chose à faire", espère-t-elle.

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