C'est une fin de collaboration houleuse entre la journaliste Katherine Cooley et la chaîne LCI. L'ancienne présentatrice de la chaîne, qui l'a quittée en 2020 après en avoir été licenciée, vient de faire condamner son ancien employeur, révèle "L'Informé". La journaliste avait saisi les prud'hommes après son éviction, elle qui sortait d'un arrêt maladie de trois ans pour dépression. LCI a été condamnée à lui verser 143.000 euros d'indemnités pour "licenciement abusif". "Je ne peux plus regarder les chaînes d’infos. Ni LCI, ni aucune autre, a confié Katherine Cooley, toujours engagée dans un bras de fer judiciaire avec la chaîne, à nos confrères. Je n’envisageais pas une telle fin de carrière. J’aimerais qu’un jour ce soit derrière moi, mais ça n’en finit pas."
Recrutée par LCI en 1995, Katherine Cooley y a fait l'immense majorité de sa carrière. En 2017, son émission "Vis leurs vies", change de case (rétrogradée au dimanche) et perd du temps d'antenne. L'équipe qui travaillait avec elle est démantelée et Katherine Cooley se retrouve à tout gérer seule. Une charge de travail colossale, qui débouche sur un arrêt maladie. Rapidement, elle tombe en dépression et trois ans plus tard, est déclarée inapte à la reprise de son emploi (ou d'un autre) au sein du groupe TF1. Katherine Cooley affirme que sa dépression a été provoquée par la modification brutale de son émission et avait à ce sujet saisi les prud'hommes en 2018 : elle avait obtenu gain de cause, le conseil estimant alors que "l’ajout de nouvelles tâches non conformes à la qualification de Mme Cooley [était] constitutif d’une modification unilatérale de son contrat de travail et d’une dénaturation des fonctions qui lui étaient précédemment confiées."
Témoignant de plus de 15 ans d'ancienneté au moment de son licenciement, Katherine Cooley a confronté son ancien employeur devant la commission arbitrale des journaliste, précise "L'Informé", afin de récolter des indemnités de licenciement. La chaîne info du groupe TF1 a soutenu que l'ancienneté de la journaliste se montait à 22 ans et non 25 comme cette dernière l'affirme, refusant de prendre en compte ses trois années d'années maladie. Sur ce point, le dossier n'est pas réglé, et doit repasser devant la commission arbitrale après plusieurs allers-retours, notamment devant les prud'hommes et la cour de cassation. Katherine Cooley affirme à nos confrères qu'elle ne "pliera pas" sur la question de ses indemnités, dénonçant au passage un "acharnement judiciaire" de la part de la chaîne. La journaliste se bat aussi pour que la dépression soit reconnue comme une maladie professionnelle, précise "L'Informé", un point sur lequel elle a en partie obtenu gain de cause avant que LCI ne formule un recours et que le dossier ne soit de nouveau balloté entre plusieurs institutions. "J’espère que mon dossier pourra faire jurisprudence, a affirmé Katherine Cooley. Je l’ai fait pour moi, mais aussi pour tous ceux qui sont partis en burn out, en arrêt maladie, et qu’on n’a plus jamais revus à TF1."