Jean-Louis Blot ("Le Meilleur Pâtissier") : "Nos candidats ne sont pas là pour changer de vie"

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Jean-Louis Blot ("Le Meilleur Pâtissier") : "Nos candidats ne sont pas là pour changer de vie"
"Le Meilleur pâtissier" revient ce soir sur M6
"Le Meilleur pâtissier" revient ce soir sur M6 © Pascalito/M6
Le Directeur Général délégué de BBC Worldwide France répond aux questions de puremedias.com sur le concours de M6.

Cette année, puremedias.com se met au "Meilleur pâtissier" de M6. Phénomène au Royaume-Uni, où la finale a réuni plus de 13 millions de téléspectateurs sur BBC1, le concours de pâtisserie réservés aux amateurs revient ce soir à 20h55 sur M6 avec Faustine Bollaert, Cyril Lignac et Mercotte, pour un premier épisode à suivre et commenter en direct sur puremedias.com.

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A cette occasion, Jean-Louis Blot, directeur de BBC Worldwide Productions France, qui produit l'émission pour M6, a répondu à nos questions de débutants en pâtisserie. Du casting à la tente en passant évidemment par la comparaison avec les autres émissions de cuisine, l'échec de "Masterchef" ou encore les audiences britanniques, le producteur évoque cette nouvelle saison qui s'inscrit dans la continuité des précédentes.

Propos recueillis par Charles Decant.

Cette quatrième saison est-elle marquée par l'arrivée de nouveautés ?
Non, on reste vraiment dans la continuité. C'est une recette qui fonctionne. Il y a quelques petites nouveautés, mais seuls les aficionados pourront les voir. Le niveau a augmenté, mais est-ce que c'est vraiment une nouveauté ? On verra un peu plus de bébés animaux, des scènes un peu champêtres, Mercotte est un peu plus exigeante, mais on reste dans le même univers. Pas de nouvelle règle ou de nouveau lieu.

A chaque lancement d'émission de concours, qu'il s'agisse de cuisine ou de chant, les chaînes et les producteurs assurent chaque année que le niveau a augmenté. C'est un vrai argument pour faire venir le téléspectateur ?
Non, pas vraiment. Mais dans notre cas, c'est une histoire différente. Ce qui se passe, c'est qu'on a des gens qui ne connaissaient rien à la pâtisserie et qui ont regardé la saison 1 ou la saison 2 de l'émission et qui, tout à coup, se sont dit "J'ai envie de faire de la pâtisserie".

"On ne dit pas que les candidats sont là pour changer de vie"

Donc l'année prochaine, si le niveau n'augmente pas, ça ne sera pas un problème ?
Ce n'est jamais un problème, le niveau. C'est un problème de nombre de candidatures et de candidats qu'il faut assembler. On est dans une atmosphère très familiale donc il faut quelque chose de très sympa, de très doux... C'est l'émission : c'est du sucre ! Il faut que les personnalités "matchent" entre elle, que ça soit "feel-good", une expression qui est un peu banalisée aujourd'hui...

... mais qui correspond bien au programme !
Oui, c'est vrai. D'ailleurs, remettons-nous en situation. Quand "Le Meilleur pâtissier" arrive, qu'est-ce qu'il y a en termes d'émission de cuisine à l'antenne à l'époque ? "Top Chef", "Masterchef", et quelques primes du "Diner presque parfait". Et tous les trois sont dans une écriture hyper clipée, avec des plans qui ne durent jamais plus d'une seconde, les candidats courent partout, il y a "La Chevauchée des Walkyries" dès qu'un rosbeef arrive, la musique de "Psychose" dès que quelqu'un prend un couteau, limite !

Et vous, à l'inverse...
Nous, on arrive, on fait quatre primes pour la saison 1 et le soir du premier prime, je reçois des textos - "C'est très joli, mais on s'ennuie, il ne se passe rien"... On était vraiment les premiers avec cette écriture-là. Quand on faisait de la pâte feuilletée, le téléspectateur avait l'impression de pouvoir la faire à côté du candidat ! On prenait le temps de raconter les histoires, et on tricotait les enjeux pour les candidats, sans dire "Ils vont changer de vie", "Il est là pour ouvrir son restaurant", "pour sauver ses enfants". Pas du tout. Il est là pour faire un beau gâteau et quand il le sort du four, il ne sait pas ce qu'il y a à l'intérieur, quel goût ça a, et ce sont Cyril et Mercotte qui vont choisir. Donc il a fallu trouver la bonne écriture au fur et à mesure des saisons, surtout qu'on a travaillé sur une adaptation du format anglais qui dure une heure. Nous on a fait deux heures dès le début. Et finalement, on a trouvé notre petite musique, notre petit rythme, qu'on nous envie. Parce que ce n'est pas simple !

"Le casting, c'est une période difficile"

Qu'est-ce que vous avez modifié au fil des saisons, pour trouver cette "petite musique" ?
Le plus gros changement, c'est qu'on a supprimé le face-à-face entre les deux candidats en ballottage. Lors des deux premières saisons, on avait trois épreuves puis ce face-à-face, qu'on n'a conservé que pour la finale. Il n'était pas dans le format original, on l'a rajouté pour proposer un programme de deux heures mais en fait, on n'a pas besoin de ça. L'histoire qu'on raconte se suffit à elle-même.

Les émissions de cuisine ont besoin de "personnages", parfois grandes gueules, difficiles à vivre, susceptibles. Vous, vous ne cherchez que des candidats sympathiques. Ce n'est pas plus compliqué en termes de casting ?
Le niveau compte, il faut qu'il soit à peu près cohérent. Il faut que tous les téléspectateurs puissent s'identifier et aimer un candidat. On essaie d'avoir une parité hommes-femmes, des gens qui viennent d'un peu partout, et puis des différences d'âge. On a notre plus vieux candidat cette année en quatre saisons. Le casting, c'est une période difficile - on demande souvent à Mercotte et Cyril s'ils ne prennent pas trop de poids pendant l'émission mais imaginez ce que nous on prend ! Tous les candidats potentiels viennent avec un gâteau, on en reçoit 10-15 par jour pendant trois ou quatre mois ! Et il faut goûter !

Donc la personnalité des candidats est moins importante que dans d'autres émissions ?
Non, non ! Mais on ne cherche pas une personnalité avec des nuances excessives, on cherche quelqu'un qui correspond au programme, qui est dans la bonne compétition, qui ne veut pas écraser les autres, qui fait ça pour apprendre. Il ne faut pas qu'il soit prêt à tuer tout le monde. Dans "Top Chef", ce sont des professionnels : avouer une faiblesse, c'est difficile parce que ça rejaillit tout de suite sur leur métier, leur image. Quand on a une candidate qui est gardienne de prison, si elle rate un gâteau, elle rate un gâteau. Ce n'est pas grave !

"Masterchef a trop lorgné sur le feel-good"

L'échec de "Masterchef" a été attribué par certains, en partie, au fait que le public ne soit pas assez impressionné par les réalisations d'amateurs quand il peut voir des professionnels ailleurs... Vous partagez cette analyse ?
Pas vraiment... "Le Dîner presque parfait" est un contre-exemple parfait, tout comme "Le Meilleur pâtissier". Je pense que ce n'est pas lié à ça. Je pense que "Masterchef" ait été programmé à la bonne période, et surtout, ils ont trop lorgné sur le feel-good. C'est censé être une vraie compétition : ils jouent leur vie là-dedans. Si on le sent moins, c'est compliqué derrière de raconter une histoire ! Et puis sinon, la pâtisserie de France 2 fonctionnerait beaucoup mieux que la nôtre...

Au Royaume-Uni, "Le Meilleur Pâtissier" a fait plus de 50% de part d'audience et réuni 13,4 millions de téléspectateurs pour sa finale. Comment vous expliquez ce succès ?
On ne sait pas, c'est magique ! C'est une émission qui correspond à l'air du temps, les gens ont envie de choses simples, douces, dans lesquelles ils peuvent se projeter.

Vous espérez le même score, du coup...
Bien sûr !

Plus sérieusement, vous avez des objectifs d'audience pour cette saison 4 ?
L'objectif, c'est de faire mieux que l'année dernière, c'est ce que je me suis fixé. Ca ne sera pas facile, on est plus attendu que l'année dernière, même si déjà on avait du "Esprits criminels" face à nous.

Là, vous démarrez face à "Blacklist" qui ne marche pas vraiment sur TF1...
Oui, mais pas longtemps, ils ne le laissent qu'une semaine ! Et puis il y a le lancement de "Dix pour cent", la fiction de France 2 marche très bien en ce moment. Donc ce n'est pas un soir facile, mais ça n'existe plus, un soir facile. On progresse toujours épisode après épisode, donc ce qu'on espère, c'est avoir un épisode de lancement fort. L'an dernier, on avait fait 2,6 millions, ce qui était un bon score, mais je serais déçu si on ne faisait pas plus. Après, on fonctionne très bien en replay, en moyenne 600.000 l'an dernier, le deuxième meilleur score de M6 après "L'amour est dans le pré", et les rediffusions du samedi pointaient à 1,1 million en moyenne.

"M6 est une chaîne de reports"

Vous faîtes une spéciale Noël avec des gagnants et des émissions avec des célébrités en 2016. Vous n'avez pas peur d'en faire trop ?
En Angleterre, plus ils en mettent, plus ça marche. Chez nous, "Le Meilleur pâtissier" n'existait qu'aux mois d'octobre et novembre. On voulait qu'il existe à un autre moment de l'année, et on a vu le bien qu'a fait à "Top Chef" l'arrivée de "Objectif Top Chef", qui a redonné de l'enjeu et reboosté la marque. C'est un cercle vertueux. On voulait une petite piqûre de rappel de quelques primes dans l'année pour dire que l'émission revient bientôt.

Beaucoup de téléspectateurs se plaignent de la durée des programmes, "Top Chef" a considérablement réduit la voilure l'an dernier, mais vous arrivez avec un premier prime qui se termine à 23h30...
Il se termine à 23h30 parce qu'il y a beaucoup de pub dedans, trois coupures d'environ 6 à 7 minutes. On fournit la même durée de programme depuis le début. Au départ, on a été les premiers à proposer beaucoup plus court que "Top Chef" ! Ca dépend des chaînes... On parle un peu moins en parts de marché aujourd'hui. Mais M6 est aussi une chaîne de reports. La courbe du "Pâtissier" monte après la fin des émissions sur les autres chaînes. Si on voyait qu'à partir de 23h, les gens partaient, peut-être qu'on arrêterait à 23h... On ne fera pas plus long, mais on ne pourra pas faire beaucoup moins long...

On parlait du rythme, du ton, mais un autre point de différenciation avec les autres concours de cuisine, c'est votre choix de ne jamais changer de lieu... Vous ne sortez pas de la tente !
On a une jolie tente, ouverte sur l'extérieur, parce que la cuisine de monsieur et madame Tout-le-monde a une fenêtre. Il n'y a que dans "Top Chef" ou "Masterchef" qu'il n'y a pas de fenêtre ! Ils cuisinent dans des endroits où personne ne cuisine. Nos candidats, eux, cuisinent sur le plan de travail de monsieur et madame Tout-le-monde, le four, le petit évier avec un seul bac où on galère...

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