Joanne Froggatt ("Liar") : "Je n'ai jamais vu une seule série française !"

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Joanne Froggatt ("Liar") : "Je n'ai jamais vu une seule série française !"
Joanne Froggatt ("Liar : La nuit du mensonge")
Joanne Froggatt ("Liar : La nuit du mensonge") © ABACA
puremedias.com a rencontré la comédienne de "Liar, la nuit du mensonge", la nouvelle série lancée par TF1 ce soir.

Une série britannique en prime-time. C'est le pari que tente TF1 ce soir en diffusant les trois premiers épisodes de "Liar", série acquise auprès de ITV et qui traite de la délicate question du viol. À l'affiche de cette mini-série en six épisodes, les téléspectateurs de la Une reconnaîtront Joanne Froggatt, la comédienne qui a incarné la servante Anna Bates pendant six saisons dans "Downton Abbey". À l'occasion du lancement de "Liar, la nuit du mensonge" sur TF1, puremedias.com s'est entretenu avec la comédienne.

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Propos recueillis par Pierre Dezeraud.

puremedias.com : Les téléspectateurs français s'apprêtent à découvrir "Liar". Que pouvez-vous leur dire pour les convaincre de regarder la série ?
Joanne Froggatt : Chers téléspectateurs français, vous ne voulez pas rater ça ! (rires) Non, sérieusement, c'est une série qui va vraiment vous faire réagir. Quand la série a été diffusée en Angleterre, tout le monde dans la rue avait une opinion sur le sujet. Je défie quiconque de regarder la série et de ne pas avoir envie d'en parler à quelqu'un après. Vous regardez la série et vous vous dites juste : "Oh mon Dieu ! Mais qui dit la vérité ?". En définitive, c'est un thriller psychologique très intelligent qui pose de bonnes questions sur nous et notre société.

Le rôle de Laura Nielson, votre personnage dans "Liar" est très intense. Quelle a été votre réaction lorsqu'on vous l'a proposé ?
J'ai d'abord lu le premier épisode. J'ai trouvé qu'il était brillant mais j'étais mal à l'aise. J'étais très sceptique sur le fait de ne pas connaître la vérité. J'étais intriguée. Je suis allée voir James Strong, l'un des réalisateurs, et la première chose que je lui ai demandée, c'est : "Mais qui dit la vérité ?!". Il m'a alors exposé sa vision de la série, ce qu'il voulait faire, notamment d'un point de vue esthétique. J'aurais été folle de ne pas accepter. Ça a vraiment facilité ma décision.

Ils ont dit
"Pourquoi devrions-nous avoir peur de faire une série sur le viol et les agressions sexuelles ?"
Joanne Froggatt

Ce rôle vous a fait peur ?
Disons que c'était une énorme responsabilité. Nous étions tous attentifs à ce que le sujet soit bien traité car il est tellement sensible. Après, je me suis dit qu'il y avait déjà eu de nombreux téléfilms avec des meurtriers, voire mêmes des pédophiles. Pourquoi devrions-nous donc avoir peur d'aborder le sujet du viol et des agressions sexuelles ? C'est certainement pour cette raison qu'il fallait absolument faire cette série. Nous devons parler de ce sujet et la seule façon de changer les choses, c'est d'éduquer les gens à cela, notamment les jeunes, sur la notion de consentement. Ça ne va pas changer le monde mais la question est traitée de manière intelligente et a le mérite de faire tomber des barrières.

Sur la notion de consentement, pensez-vous que la série devrait être diffusée dans les écoles ?
Je ne sais pas si ce serait approprié pour les jeunes enfants. Pour les adolescents, en revanche, oui. Nous devons absolument le faire. En tout, si nous pouvions enseigner l'éducation émotionnelle et pas seulement sexuelle, ce serait déjà un progrès. Nous devons apprendre à nos jeunes ce qui est bien et ce qui ne l'est pas en matière de relations amoureuses ou physiques.

Dithyrambique, la presse anglaise estime que le rôle de Laura est "courageux". Êtes-vous d'accord ?
Oui, ça l'est. Laura est juste une fille normale, incarnation classique de la femme moderne. Sa vie semble aller bien. Du jour au lendemain, elle bascule dans l'obsession, celle de faire gagner ce qu'elle croit être la justice. Cette obsession devient alors quelque chose de profondément destructeur. Il n'y a plus que ça qui compte pour elle. Ce combat la consume mais demande un certain degré de folie et surtout beaucoup de courage.

Ils ont dit
"Je voulais donner du sens au comportement de mon personnage"
Joanne Froggatt

Comment vous-êtes vous préparée pour ce rôle ?
J'ai regardé des documentaires et lu pas mal de choses sur internet. J'ai aussi parlé avec un conseiller. L'idée pour moi, c'était d'essayer de donner du sens au comportement de mon personnage. Elle prend de mauvaises décisions. C'est vrai qu'en tant qu'actrice, je ne cautionne pas tous ses choix. Mais mon devoir est de construire sa personnalité sans faire interférer la mienne.

La série repose largement sur la relation entre Laura et Andrew, joué par Ioan Gruffudd. Les interactions entre eux sont intenses. Vous vous connaissiez avant ?
Je ne le connaissais pas personnellement. Nous nous sommes rencontrés à Los Angeles au cours d'un déjeuner juste avant le début du tournage. Nous venions de recevoir nos scripts, nous avons échangé sur le sujet pendant plusieurs heures. C'était bien de le faire parce que cela nous a permis de nous rendre compte que nous partagions la même excitation pour la série.

Le viol est un sujet que vous aviez déjà abordé auparavant. Dans "Downton Abbey", le personnage d'Anna, que vous jouiez, en est également victime. Vous vous êtes servie de cette expérience ?
Pas vraiment. Ce sont deux personnages et deux situations qui n'ont vraiment rien à voir. Surtout parce qu'elles vivent à des époques radicalement différentes. Quand vous êtes servante au début du XXe siècle, vous n'avez pas d'options, vous ne pouvez pas en parler comme Laura le fait à notre époque. Le sujet est similaire mais je crois que ça s'arrête là.

Une saison 2 a déjà été annoncée. Après une première saison si plebiscitée, que ce soit par le jury ou la critique, n'est-ce pas un risque ?
Oui, c'en est un ! Et ce sera beaucoup de pression. Mais je crois que c'est une bonne pression. Et il s'avère qu'en raison des indisponibilités des uns et des autres, nous ne tournerons qu'en 2019. Ce n'est pas plus mal d'attendre un peu.

Ils ont dit
"Les hommes puissants savent que ces affaires peuvent désormais finir sur la place publique"
Joanne Froggatt

"Liar" a été un grand succès populaire en Angleterre. La série fait partie des plus vues de l'année. Comme l'expliquez-vous ?
Je ne sais pas. Je suis juste très heureuse que ce soit arrivé ! Jack et Harry Williams, les scénaristes, sont des machines à succès ! On le savait déjà depuis "The Missing", série avec laquelle ils ont réussi à écrire une saison 2 encore plus populaire que la première ! Sur "Liar", on ne va pas se mentir, c'est difficile de faire un thriller vraiment novateur aujourd'hui. Je crois que Jack et Harry ont trouvé la clé pour le faire en imaginant une histoire qui tient en haleine jusqu'au bout et, surtout, qui se suffit à elle-même. "Liar" n'est pas une série gore. Il ne s'agit pas d'aller chercher les téléspectateurs avec du sang et des scènes insoutenables. D'ailleurs, la violence sexuelle n'est pas montrée directement dans la série.

Aux États-Unis, et dans une moindre mesure en France, depuis l'éclatement de l'affaire Weinstein aux États-Unis, la parole des actrices s'est libérée sur le sujet. Est-ce également le cas en Angleterre ?
Absolument. "Liar" a d'ailleurs été diffusée deux semaines après le début de l'affaire, ce qui a participé à faire parler du viol et des agressions sexuelles, pas seulement sur des actrices, dans l'espace public. Maintenant, il y a énormément de questions qui sont en débat et le parlement devra légiférer. En ce qui me concerne, je suis très heureuse de voir des femmes se lever contre des hommes qui abusent de leur position. Un message très clair a été envoyé à ces derniers. Ils savent que ces affaires peuvent désormais finir sur la place publique.

Parlons un peu de "Downton Abbey". Première question : Vous n'en avez pas marre d'en parler ?
Non, ce ne serait pas très juste (rires). Vous ne pouvez pas bénéficier du succès d'une série ou d'un film et ensuite vouloir vous en détacher. Je suis très heureuse et fière d'avoir pu participer à cette série. C'est quelque chose qui restera pour toujours. Pour moi, ça restera un moment à part dans ma carrière et dans ma vie personnelle. Donc non, rassurez-vous, cela ne m'est pas pénible de vous en parler (rires).

Ils ont dit
"Je n'ai pas de nouvelles du film sur 'Downton Abbey'"
Joanne Froggatt

Vous n'avez toujours aucune nouvelle du projet de film ?
Non, aucune. Si j'en avais, je vous assure que je vous le dirais. Puis, je suis comme tout le monde, si je le savais, j'aurais envie d'en parler partout autour de moi ! J'ai aussi envie de savoir ce qu'il va se passer ! En tout cas, l'envie est là de notre côté. Maintenant, nous verrons bien si cela se fait.

Personnellement, comment imaginez-vous ce film ?
Je crois qu'il faudra absolument réunir tous les éléments qui font que les gens ont tant aimé cette série. Bien sûr, il faudra aussi que l'esthétique soit au rendez-vous. Elle l'a toujours été dans la série, je ne suis pas très inquiète.

Est-ce qu'on peut imaginer un seul film ou plusieurs ?
Vous vous avancez beaucoup ! Regardez déjà le temps que cela prend pour en faire un seul (rires). Donc, nous verrons !

Il y a quelques années, vous auriez pu imaginer l'impact que la série aurait partout dans le monde ?
Non, au début, nous avions conscience que nous faisions quelque chose de vraiment très bien. Mais vous ne savez jamais quel sera l'accueil du public. Une très bonne série n'empêche pas un mauvais accueil. Nous avons eu beaucoup de chance, je crois que "Downton Abbey" correspondait typiquement à ce que les gens avait envie de voir à notre époque.

Ils ont dit
"J'adorerais avoir un nouveau rôle récurrent dans une série"
Joanne Froggatt

Aujourd'hui, vous pourriez reprendre un rôle récurrent comme celui d'Anna Bates dans "Downton Abbey" ?
Oui, bien sûr, je serais même très enthousiaste de le faire ! "Downton Abbey", c'était le modèle idéal. Nous tournions pendant six mois et ensuite nous avions tout le reste du temps pour mener d'autres projets.

En France, de nombreuses séries britanniques sont diffusées sur les grosses chaînes. L'inverse n'est pas vrai. Avez-vous déjà vu une série française ?
Maintenant que vous me le faites remarquer... Je me rends compte que je n'en ai pas vue une seule ! Promis, je vais essayer de me rattraper ! Mais j'adore le cinéma français !

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