L'année médias 2018 vue par... Augustin Trapenard

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L'année médias 2018 vue par... Augustin Trapenard
Augustin Trapenard
Augustin Trapenard © Canal+
Durant tout le mois de décembre, les personnalités du PAF vont retracer l'année médias écoulée pour puremedias.com.

Que retenir de l'année médiatique écoulée ? Pour la sixième année, puremedias.com a proposé à plusieurs personnalités de revenir sur ces douze derniers mois, avec la désormais traditionnelle "Année médias vue par...". Au tour d'Augustin Trapenard, animateur de "Boomerang" sur France Inter du lundi au vendredi à 9h10 et présentateur du "Cercle" sur Canal+ le samedi à 13h45 et de "21cm" sur Canal+ une fois par mois.

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La personnalité médiatique de l'année ?
La Terre, depuis le Salon de l'agriculture jusqu'à la COP24, en passant par la journée mondiale de l'environnement. La Terre qui a permis certaines des plus belles Unes de cette année, certains des plus beaux et des plus grands sujets. La Terre, dont Sylvain Tesson disait à juste titre au tout début de l'année dans l'émission "21cm" qui lui était consacrée, qu'elle était avant toute autre chose "notre actualité".

La personnalité politique de l'année ?
Chaque collectif plus ou moins organisé, chaque groupe de manifestants qui revendique un droit ou une liberté, celles et ceux vêtus de jaune, de rose, de vert ou de violet, qui résistent, précisément, pour que le fait politique ne se réduise plus à une personnalité, une posture ou un parti mais à des idées partagées.

Le coup médias de l'année ?
L'interview de Bruce Springsteen sur France Inter par Antoine de Caunes dans "Popopop", où The Boss revient sur sa jeunesse, sur l'histoire du rock et sur l'Amérique d'aujourd'hui. Une parole rare, pour ne pas dire exclusive, qui me semble plus forte, par sa lucidité, son expérience et ses trébuchements, que celle si suturée des experts, des journalistes et des politiques de tous bords.

Le mensonge médiatique de l'année ?
Le terme de "fake-news" quand il est pris en charge par le président américain. Cette expression qui revient comme un refrain, un TOC ou un grigri pour stigmatiser tel ou tel média qui s'avère souvent, preuve à l'appui, avoir eu raison. La manipulation des images lorsque le journaliste de CNN Jim Acosta pose une question à Donald Trump et qu'une stagiaire de la Maison Blanche tente de lui prendre son micro est à ce titre édifiante. Ici le mensonge se montre du doigt.

L'émission TV de l'année ?
"Clique Dimanche" de Mouloud Achour sur Canal+ – qui se décline également sur la chaine Clique TV. Pour la diversité des sujets, des intervenants et des invités. C'est suffisamment rare pour être noté. Ce qui me frappe toujours, c'est l'attention portée à la programmation et les rencontres inopinées que l'émission fait surgir. On voit par ailleurs s'imposer ici une autre forme de présentation que celle qui nous vient des journaux télévisés, et qui permet une proximité inédite avec les invités. En matière d'émission d'accueil et de plateau, je ne vois pas mieux.

L'émission radio de l'année ?
"Dans le genre de..." par Géraldine Sarratia sur Radio Nova. À travers des variations sur un questionnaire précis et bien senti autour de questions d'identité et de genre, cette journaliste propose des portraits singuliers d'artistes variés. Cette émission, c'est le pari de la profondeur, de l'intimité et du temps. Un lieu de pensée, de questionnement et d'émotion. Un espace musical, aussi, pour approcher l'invité autrement. J'ai toujours pensé qu'une bonne émission de radio reposait sur un disque bien lancé. Bref, je n'en loupe pas une parce que l'émission a toutes ces qualités.

La série de l'année ?
"Wild Wild Country" sur Netflix autour de l'exode du gourou indien Bhagwan / Osho au milieu de nulle part, en Oregon, au tournant des années 80. Outre son travail d'archive, de narration et de montage absolument saisissant, cette série documentaire met en scène et dessine graduellement les contours d'un personnage extraordinaire : la secrétaire du gourou, Ma Anand Sheela. À travers ses errances et ambivalences, cette figure, mi-personnage mi-narratrice, tour à tour géniale et bienveillante, diabolique et cinglée, devient peu à peu le coeur et le moteur de l'intrigue. Pour le pire et pour le meilleur. Immanquable.

Le dérapage médias de l'année ?
La tribune sur la "Liberté d'importuner" publiée dans "Le Monde" au mois de janvier – dont plusieurs signataires ont fini par se désolidariser. Manifestement rédigé en 5 minutes chrono au Café de Flore, ce texte a mis tout le monde dans l'embarras (à commencer par celles et ceux qui s'interrogeaient à juste titre sur les potentielles dérives du mouvement #metoo) par son manque de rigueur, sa faiblesse argumentative et sa mauvaise foi. S'il est toujours intéressant d'ouvrir un débat d'idées, en particulier sur ce sujet, on attendait de certaines signataires et du journal qui les publiait un peu plus de précision, d'écriture et d'ambition.

Le flop TV/radio de l'année ?
Le cinquantenaire de mai 68, un rendez-vous manqué dans les médias, à mon avis, cette année – qui pourrait revenir en force dans la révolte de ces dernières semaines comme un retour du refoulé. Pour de bonnes et de mauvaises raisons, cet anniversaire n'a pas vraiment été assumé (parfois même renié) et a fait surgir un conflit de générations et nombre de tensions passées. Ce fut pour moi un non-événement, étrangement passionnant, dans les non-dits de son traitement.

Le/la journaliste de l'année ?
Dans le domaine culturel, je pense d'emblée à Laure Adler sur France Inter ("L'Heure bleue"), Marie Richeux sur France Culture ("Par les temps qui courent") et Lauren Bastide sur le Podcast "La Poudre" de Nouvelles Écoutes. Trois modèles d'intervieweuses qui se distinguent, à mon sens, par la finesse de leurs approches, la nuance de leurs discours, et l'effacement de la journaliste au profit de la parole et du sens de chaque invité.e. Dans le domaine politique, je suis toujours saisi par l'acuité et la rigueur de Karim Rissouli sur France 5. Outre sa pertinence et la qualité de sa programmation, "C Politique" tente toujours d'échapper au buzz pour lui préférer le sens. C'est à la fois rare, nécessaire et salutaire.

L'animateur/animatrice de l'année ?
Alain Chabat dans "Burger Quiz" sur TMC – qui est toujours à l'aise dans ce qui me semble le plus difficile à faire à l'écran, qui sait rire de lui autant que des autres, et qui réalise avec bienveillance et autorité cette grande mission de la télévision qu'est le divertissement.

La personnalité médiatique qui marquera 2019 ?
La Terre, plus que jamais – à travers laquelle il sera encore question de responsabilité individuelle et collective, de parti-pris éditoriaux pour la mettre toujours plus en avant, d'humanité en mouvement.

Augustin Trapenard
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commentaires
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Emrata.

Euh... je n’ai rien à foutre de Deneuve et je n’ai jamais lu/entendu les propos de Caroline de Haas. Faut arreter de voir le monde avec ton petit prisme.

Pour Polanski, je m’oppose à tous ceux qui ont défendu cette ordure. Mais encore une fois tu change de sujet, parce qu’évidemment que je ne parle pas d’Arditi ou Sanson, puisqu’ils n’ont aucun rapport avec le sujet: la tribune du monde.

Tu es le seul à croire que Trapenard (et pat extension, moi), parlent er Deneuve. Si elle t’obsède tant mieux pour toi, mais j’en ai strictement rien à foutre.



walter

Si, c'est le sujet parce que pour moi t'es seulement un anti-Deneuve primaire qui a juste envie de se la faire et moi aussi alors, j'ai le droit de trouver ton attitude lamentable parce que sacrément orientée et sournoise. Je n'ai pas lu ton avis sur sa lettre ouverte publiée dans Libé parce que ses explications ne t'intéressent pas et que ça te ferait chier d'admettre que tu peux les prendre en compte et relativiser ta sévérité à son égard. Et je ne crois pas avoir lu sous ta signature en début d'année qu'il valait mieux ne pas publier le nom de son agresseur, bien au contraire c'était pour ça qu'on était pas d'accord puisque moi, je pensais qu'il fallait justement que les victimes n'hésitent pas à le faire mais seulement dans les commissariats et face à la justice sinon, je ne me serais pas autant pris la tête avec toi. Seulement entre temps, tu as peut-être pris conscience des dangers et abus du mouvement et c'est tant mieux si tu penches maintenant pour un meilleur encadrement des témoignages plutôt qu'une vulgaire dénonciation... ou lourde diffamation sur le net. Ce que Deneuve a également toujours pensé.
Quant à Polanski, traite Deneuve de tout de ce que tu veux ainsi que tous ceux qui l'ont soutenue comme Sanson, Arditi, Fau, Bouquet ou Besnehard et, tant qu'à faire traite-moi de monstre, mais je maintiens que le cinéaste méritait d'être Président des Cesar car comme tu le dis quand ça t'arrange "ca n'était pas le sujet" !

Et maintenant, je te laisse raconter ce que tu veux sur Ozap mais je ne veux plus jamais tomber sur ta mauvaise foi et ta façon si sélective de t'indigner, donc je te bloque définitivement, "furious" disciple de Caroline de Haas ! Et je sais que je ne te manquerai pas si tu fais de même !



Emrata.

Là on part sur des trucs qui s’éloignent totalement du contenu de l’interview. La tres tres tres tres grande majorité des messages sur #BalanceTonPorc (plus de 99%) ne citaient pas le nom de l’agresseur. Justemeny parmi les débats qu’on peut avoir, c’est se demander si c’est bien de citer l’agresseur. Perso je pense qu’il ne faut pas le faire, sauf dans un commissariat/gendarmerie et devant la justice. La force du mouvement c’est justement de montrer la banalité de ces agressions, pas de jeter des nom en patûre.

Et pout Deneuve, son soutien à cette tribune était lamentable et sa défence de Polanski est encore plus lamentable, mais encore une fois ce n’est pas le sujet.



walter

C'est marrant parce que celle qui a créé le mouvement "#balance ton porc" a dit dans Q qu'effectivement il y avait toujours eu 4 ou 5% de dénonciations calomnieuses et qu'il est possible qu'il y en ait en effet un peu plus avec ce mouvement..., je crois qu'elle a parlé de 10%... mais bon, on s'en tape...
Sinon, moi, je pense que c'est sa façon de dédouaner Catherine Deneuve par exemple après avoir lu sa lettre-réponse dans Libé qui a dû le convaincre, si besoin était, des intentions aucunement douteuses ou suspectes de l'actrice.
De la même façon, je doute que Trapenard était opposé à la présidence de Polanski aux Cesar 2018...



Emrata.

Je ne sais pas à qui il pense et c’est une façon de montrer que cette tribune était stupide. Cette tribune créait une chose, cette « liberté d’importuner », ENTRE la drague et l’agression. Ça créeait une hiérarchie, une gradation, et ça faisait croire que l’agression était une drague trop poussée. Alors que ce sont deux choses totalement distinctes, il n’y a aucun flou entre drague et agression. Créer un lien entre les deux c’est entretenir la culture du viol.

Et s’il y a des dénonciations calomnieuses, il ne faut pas que les 1% ou 2% de mensonges permettent de fermer les yeux sur les 98% de vrais témoignages.



walter

Ah j'ai dû me méprendre alors quand en plein débat, tu semblais fustiger ceux qui avaient l'inconscience de s'interroger sur ces éventuelles dérives ou émettaient de sérieuses réserves sur ce mouvement. J'avais l'impression qu'il était interdit d'en percevoir les risques...
Et quand il dit "dont plusieurs signataires ont fini par se désolidariser", tu penses qu'il pense à qui ? Et est-ce que ce n'est pas sa façon à lui d'en dédouaner certaines ?



Emrata.

Évidemment. Il faut lutter contre de possibles faux témoignages.



walter

Donc tu partages aussi cette précision :
"à commencer par celles et ceux qui s'interrogeaient À JUSTE TITRE sur les potentielles dérives du mouvement #metoo" ?



Emrata.

Réponses intelligentes (je partage à 100% ce qu’il dit sur la tribune autour de la « liberté d’importuner ») et variées, il cite pas que sa crèmerie ^^



LeMoi

Heureusement qu'il reste encore d'autres interviews pour que tu continues à te plaindre :)



LeMoi

Qu'est-ce qu'il est prolixe dans ses réponses !



La Mer de K'lobeau

La personnalité médiatique qui marquera 2018 ?
un coup c'est 2018 , un coup 2019 . C'est quoi la bonne version?



NorbertGabriel

Mitou, je découvre des pistes comme "Lauren Bastide sur le Podcast "La Poudre" de Nouvelles Écoutes" ..



Virgule

Je me suis empressée de lire ses reponses, c'est un puit de culture ce garçon. Je m'en vais découvrir l'emission sur Nova, la seule que je ne connais pas dans sa liste radio/podcast.



tikeum75

Ce sont les réponses de Barthès, non ?

NorbertGabriel

C'est quand même ambigü cette affaire, comme la chanson d'ailleurs, les uns vont comprendre qu'on a éliminé le Chérif d'autres qu'on tire sur le sheriff, donc le flic, parce que dans la chanson, Marley tire bien sur le shériff .. Quoi qu'il en soit, c'est un gros dérapage .. Mais pour ma part je le mets ex aequo avec "la liberté d'importuner"... Pas sûr que ces dames apprécieraient d'être "importunées" par 3 ou 4 gus un soir seules dans le métro ..



marc paget

Tu te répètes mon ami -)
Je préfère encore entendre "I Shot The Sheriff" que de voir un fou tirer sur des innocents... Pas de pitié pour ce tueur, mais tu n'es peut-être pas de mon avis ?



marc paget

Bravo, lui au moins il ne répond pas en une phrase et j'aime bien ses réponse.



NorbertGabriel

On peut saluer l'éventail extrêmement riche et diversifié des choix, qui montrent que ce jeune homme est un vrai explorateur de la culture. Quasi une exception culturelle ..



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