Miral : Un film de genre entre espoir et résignation
Publié le 23 septembre 2010 à 15:52
Film didactique sur le conflit israélo-palestinien, "Miral" pêche par son côté donneur de leçons, mais on appréciera un scénario authentique et d'une efficacité redoutable.

On aurait craint un goût de déjà-vu tant le sujet sature déjà les écrans ! Pourtant, la manière dont l'aborde Julian Schnabel, brillant réalisateur du Scaphandre et du Papillon en 2007, donne une saveur toute particulière à ce film transgénérationnel qui suit le destin de trois femmes, dont celui de la jeune Miral, en proie aux doutes entre pacifisme et révolte violente pour la défense de son peuple.



La jeune palestinienne Miral grandit dans le pensionnat Dar Al Tifel de Jérusalem, à l'abri du conflit qui oppose juifs et arabes. Pourtant, l'adolescence apportant son lot de révolte, Miral s'éloigne du pacifisme inculqué par sa mère spirituelle Hind, et fait de la défense de son peuple un nouveau leitmotiv. Amoureuse d'un activiste, elle se retrouve embrigadée dans un groupuscule terroriste qui ne lui apportera que drame et désenchantement.

Dans cette épopée historique, on apprécie un casting de grande qualité. Freida Pinto (dont la carrière décolle depuis [film%]Slumdog Millionnaire[/film%]) et surtout Hiam Abbass dans le rôle de Hind sonnent juste de A à Z et donnent à ce film l'authenticité qu'une réalisation surfaite ne parvient pas à apporter.



La mise en scène et la réalisation peuvent clairement dérouter. Caméra à l'épaule, Schnabel enchaîne les plans séquence et les cadrages alambiqués, le tout aidé par une image aux couleurs criardes. Si on comprend le réalisme qu'a voulu porter à l'écran le réalisateur, on a parfois la nausée tant cette "technique" est un peu trop répétitive. De la même manière, la musique manque de légèreté et se perd en grandiloquence mal contrôlée.



Les choix scénaristiques sont parfois également douteux. Si l'histoire, forte et convenue, est tout à fait crédible, on ne comprend pas réellement ce qu'a cherché à nous dire le réalisateur. Clairement pro-palestinien, le film laisse à la fin un goût amer tant l'espoir qu'il entendait soulever manque de subtilité et de réalisme.

On voit qu'il s'agissait là de porter à l'écran une fresque historique pour le grand public. Mais Julian Schnabel se perd entre une réalisation qui ne nous a pas convaincus, et un parti pris politique manquant de subtilité et de finesse. Faire de ce sujet lourd et passionnant un film grand public, voire un divertissement, n'était peut-être pas la meilleure idée au monde...

Par puremedias |
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