NOVO19 souffre, et son navire amiral Ouest-France avec. Le groupe leader de la presse régionale a lancé le 1er septembre sa chaîne sur la TNT, espérant convaincre téléspectateurs et annonceurs avec une offre éditoriale tournée vers les territoires. Mais, les résultats ne sont pas ceux escomptés. Le canal 19 doit en effet franchir la barre des 2% d'audience pour atteindre l'équilibre financier, or il se maintient entre 0,8% et 0,9% depuis plusieurs mois. Pire, son talk-show phare "On a du nouveau" a été contraint de passer en hebdomadaire en raison du faible nombre de téléspectateurs fédéré par Claire Arnoux et son équipe. Les programmes les plus regardés sont actuellement des rediffusions de films américains, une tendance qui ne faisait pas partie de la promesse initiale.
Si la direction du groupe réclame du temps pour "installer" NOVO19, beaucoup de collaborateurs s'impatientent. Le temps, c'est de l'argent, et d'après "Le Monde", SIPA Ouest-France a perdu 11 millions d'euros à cause de son média au budget plus de cinq fois supérieur. "Notre ambition vidéo dépasse la TNT. Il faut la comprendre comme des poupées russes", clament de concert Fabrice Bazard et François-Xavier Lefranc, respectivement DG du groupe et président du directoire.
Les deux dirigeants planchent sur des projets pour capter de nouveaux revenus publicitaires et un public plus jeune. Ils ont ainsi créé un partenariat avec TF1 pour mettre en ligne leurs 600 heures de contenus sur la plateforme numérique de la Une. "Cette collaboration marque une nouvelle étape dans l’ambition du développement de NOVO19 en proposant ses contenus au plus grand nombre. Elle s’inscrit pleinement dans notre stratégie de visibilité et d’accessibilité sur le digital, tout en renforçant le rayonnement de notre proposition éditoriale", assurait la directrice générale de la chaîne, Guénaëlle Troly.
Reste que la situation est préoccupante pour Ouest-France et ses 4.200 salariés. La société affiche un résultat déficitaire de 33,3 millions pour 2025, et la direction du journal plaide pour des économies d'urgence dans un climat de défiance afin d'éviter un plan social. "On ne comprend pas comment le titre est passé d’une situation économiquement difficile à une telle urgence en moins de deux ans", s’interrogeait le délégué syndical CFDT, Christophe Bredin, cité par nos confrères. L'érosion des ventes du quotidien régional et l'effondrement du marché publicitaire expliquerait notamment cette situation qui inquiète à tous les niveaux de l'entreprise.

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