Elle n'avait jusque-là pas pris la parole. En mai dernier, Mariem Hamidat, directrice de collection de la série de TF1 "Plus belle la vie, encore plus belle", était évincée par Studio TF1, quelques semaines après son mari, le scénariste Thomas Fecchio. Tous deux avaient été dénoncés quelques jours plus tôt par un article publié dans "Libération" pour leur management brutal et toxique."Je pense qu’il y a chez [Mariem] une volonté de détruire des gens", avait notamment témoigné une source. "Mariem a été alertée à plusieurs reprises sur le fait que son management nuit à la santé mentale de son équipe, mais je n’ai observé aucun changement. Au contraire, ça a empiré de semaine en semaine", avait abondé un autre témoin.
Plusieurs semaines après la conclusion de cette affaire, Mariem Hamidat a produit un droit de réponse publiée à la suite de l'article de "Libération" mais aussi sur ses réseaux sociaux personnels. "Je souhaite exercer mon droit de réponse à la suite de l’article publié le 22 avril 2026, débute la showrunneuse. Les témoignages anonymes de cet article me présentent comme ayant exercé un management fondé sur des 'humiliations quotidiennes', des 'intimidations', des 'hurlements', du 'dénigrement' et même une 'volonté de détruire des gens'. Cette description ne correspond en aucun cas à la réalité de mon engagement professionnel ni à la manière dont j’ai toujours exercé mes fonctions tout au long de ma carrière, a-t-elle d'abord affirmé. Je ne suis ni un 'gourou', n’ai jamais eu aucune 'emprise psychologique' sur quiconque ou n’ai usé d’une quelconque 'manipulation' par 'chaud-froid'. Dans un contexte de production quotidienne, particulièrement exigeant et soumis à des délais très contraints, j’ai toujours veillé à conduire le travail collectif avec rigueur, exigence éditoriale et respect des personnes, quitte souvent à absorber le surplus de travail pour soulager les autres auteurs."
Après avoir affirmé avoir tenté d'aménager au mieux les horaires de travail de ses équipes, Mariem Hamidat poursuit : "Je n’ai ainsi jamais poussé personne au 'burn-out'. Les seuls arrêts maladie sur la série dont j’ai eu connaissance ont concerné mon propre mari Thomas Fecchio [qui n'a, selon elle, jamais bénéficié d'un quelconque traitement de faveur du fait de leur situation maritale, ndlr] et une autre productrice pour des faits qui n’ont rien à voir avec moi ou mon management." La showrunneuse affirme également n'avoir été à l'origine d'aucune "éviction brutale" dans son équipe. Également accusée d'avoir souvent laissé les scénaristes travailler sans cadre, Mariem Hamidat rétorque : " Je m’entretenais quotidiennement avec les membres de chaque atelier et leurs directeurs. Leur travail s’inscrivait traditionnellement dans un processus structuré, avec une répartition des rôles entre les ateliers arches, séquenciers et la direction de collection, dont la validation revenait in fine à la production et à la chaîne [...] l’article me prête bien plus de pouvoir que j’en avais en réalité, étant moi-même la première soumise aux contraintes de ce système de validation."
L'ex-directrice de production évoque enfin l'accusation selon laquelle elle aurait réorganisé à sa guise (et en faveur de son mari Thomas Fecchio) l'attribution des points SACD, qui permettent la rémunération des auteurs. "La répartition des points SACD n’a jamais été une décision unilatérale ou arbitraire. Les répartitions se font dans le cadre des usages de production, au regard des contributions respectives de chacun aux travaux d’écriture, toujours sur la base d’une concertation entre co-auteurs. Je n’avais aucun pouvoir décisionnel à ce propos et pouvais seulement participer aux échanges à ce propos comme tous co-auteurs", a affirmé Mariem Hamidat, qui conclue : "J’ai le sentiment que l’on nous fait porter injustement, à mon mari et moi-même, la responsabilité d’un système de production de programmes quotidiens exigeant, qui préexistait bien avant notre arrivée dans le monde du travail et dont nous subissons, comme les autres auteurs scénaristes, les contraintes. La manière dont nous sommes dépeints dans l’article ne correspond ni à ma version des faits, ni à mon expérience professionnelle, ni même à un travail collectif mené sur cette série depuis de nombreuses années, ce que je ne peux que déplorer compte tenu de mon attachement particulier à la série et aux gens qui ont participé à faire qu’elle existe encore aujourd’hui."
Thomas Fecchio a lui aussi exercé un droit de réponse, publié également dans "Libération". "Je conteste la présentation qui est faite de mon rôle dans le cadre des ateliers d’écriture de 'Plus belle la vie, encore plus belle', y indique-t-il notamment. [...] Mon activité, qu’elle ait été exercée en tant que directeur des arches salarié ou co-auteur, s’inscrivait dans un processus collectif. Je ne disposais pas d’un pouvoir décisionnel individuel et exclusif sur l’organisation du travail, la répartition des tâches ou la validation des contenus. [...] Je conteste fermement les allégations selon lesquelles j’aurais eu un comportement humiliant, agressif ou brutal à l’égard de collègues."

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