Téhéran : Une plongée sans concession dans la ville

Partager l'article
Vous lisez:
Téhéran : Une plongée sans concession dans la ville
Dans un style proche du documentaire, Nader T. Homayoun capte les moments de vérité d'une réalité iranienne sombre et mafieuse. Si le réalisme est desservi par un certain amateurisme dans le jeu, reste que ce portrait de Téhéran est saisissant.

Dépeindre le visage de la capitale iranienne comme le fait Nader Takmil Homayoun pour son premier long-métrage est un pari risqué. Pas tant sur un plan cinématographique, mais plutôt sur un plan personnel. Car si la censure est un fléau pour la société iranienne, elle est aussi un poison pour les cinéastes du pays qui veulent montrer l'autre versant de leurs terres. Car de l'autre côté du miroir de sa ville, c'est bien la peur, les magouilles, la violence et la pauvreté que le jeune réalisateur nous dévoile. Avec un réalisme qui confine presque au documentaire et qui renforce un peu plus encore son message : Téhéran a deux visages...

Nader T. Homayoun assène la fourmilière iranienne de ses coups de caméra sauvage



Mais son film Téhéran ne se résume pas à une dénonciation de la face cachée (ou du moins rarement montrée) de cette ville, elle est aussi une œuvre de cinéma. Et si cette fiction s'inspire d'une réalité qu'on devine à chaque plan, elle n'en porte pas moins une histoire. Celle d'Ibrahim, un homme qui rêve de Téhéran et dont il fantasme les espoirs qu'elle pourra lui apporter. Mais le rêve tourne vite au cauchemar dans cette jungle urbaine où tout se vend et tout s'achète. Mêlé à un trafic de nouveaux-nés, Ibrahim plonge dans les bas-fonds de la ville, là où cohabitent prostituées, mendiants et mafieux en tout genre...

La portait que dresse le cinéaste de Téhéran dérange, mais c'est bien là son ambition. La froideur de ses images, la bêtise de ses situations et la lâcheté de ses personnages nous sont montrées sans artifices. Nader Takmil Homayoun assène la fourmilière iranienne de ses coups de caméra sauvage. Car si le réalisateur garde son histoire en fil rouge, il travaille sa mise en scène à l'instinct. Ses yeux sont les témoins d'une vérité que le cinéma ne pourra jamais saisir si elle est écrite à l'avance.

L'amateurisme trop visible de certains comédiens dessert le film



Le problème de Téhéran ne réside donc pas dans cette volonté de saisir des moments inattendus, mais il se trouve malgré tout dans cet ensemble de paramètres que le film ne peut pas contrôler. En prenant des acteurs amateurs, le metteur en scène renforce son côté "réaliste". Pourtant, il faut reconnaître que l'amateurisme est parfois trop visible et que le surjeu de certains comédiens nous rappelle que, paradoxalement, tout sonne un peu faux.

Malgré ses défauts (liés au fait que l'équipe du film ait dû mettre en boîte toutes les scènes en 18 jours seulement, qu'elle ait dû contourner la loi pour tourner en secret dans certains lieux publics et faire attention à la censure), le simple fait que ce Téhéran-là puisse exister sur pellicule et être projeté sur les écrans du monde entier est déjà une victoire. Plus que l'œuvre, c'est le courage de monter ce genre de projet qui rend le film si singulier. Parfois, il est bon de se rappeler que loin des blockbusters hollywoodiens, il existe un autre cinéma. Celui engagé. De genre. D'auteurs. Et qui se met en danger. Celui dont se revendique avec justesse Téhéran.

Nader Takmil Homayoun
Nader Takmil Homayoun
l'info en continu
"Vous avez des questions un petit peu plus conséquentes ?" : Vincent Dedienne charrie Anne-Elisabeth Lemoine
TV
"Vous avez des questions un petit peu plus conséquentes ?" : Vincent Dedienne...
"Ils sont en train de chercher une nouvelle radio" : Alex Vizorek tente d'attirer sur RTL les auditeurs de France Inter
Radio
"Ils sont en train de chercher une nouvelle radio" : Alex Vizorek tente d'attirer...
"C'est un choix narratif" : Pourquoi Jeremy Lewin (Timothée) est absent du début de la saison 4 de "HPI" sur TF1 ?
TV
"C'est un choix narratif" : Pourquoi Jeremy Lewin (Timothée) est absent du début...
"C'était la moindre des choses d'être un peu décent" : Comment la production de "Plus belle la vie" a imaginé l'intrigue expliquant la mort d'Abdel Fedala (Marwan Berreni)
TV
"C'était la moindre des choses d'être un peu décent" : Comment la production de...
"Ça me manque terriblement " : Céline Dion en larmes dans les premières images de son documentaire sur le combat contre la maladie
Plateforme
"Ça me manque terriblement " : Céline Dion en larmes dans les premières images de...
Événement, "C ce soir" sur France 5 diffuse ce soir "Moi aussi", le court métrage de Judith Godrèche présenté à Cannes, en présence de la réalisatrice
TV
Événement, "C ce soir" sur France 5 diffuse ce soir "Moi aussi", le court métrage...