La chaîne CNews va-t-elle fermer ? Visé par une pétition de plus de 500.000 signatures qui réclame son arrêt, le canal du groupe de Vincent Bolloré verra potentiellement son avenir débattu prochainement à l'Assemblée nationale. "L’extrême gauche française, elle ne déçoit jamais. Ses dirigeants, ses intellectuels, ses artistes, ses relais. Hier, elle soutenait Staline, Mao, Pol Pot aujourd’hui elle veut fermer CNews. C’est plus modeste", avait réagi hier Pascal Praud, dans son "Heure des pros", non sans un certain cynisme.
La question de la potentielle fermeture de la chaîne d'opinion a également été commentée mardi 3 novembre sur France 5, dans "C ce soir". Invité pour parler de l'attentat de Trappes, l'avocat Alain Jakubowicz, qui a souvent participé à des débats sur CNews, a évoqué son passage sur la chaîne qu'il ne fréquente plus depuis plusieurs mois. "J'avais commencé du temps d'I-Télé, a rappelé l'avocat. [...] J'y allais de façon occasionnelle, en réalité. Il y avait sans doute un petit péché d'orgueil, je veux bien en convenir : seul contre tous. C'est un peu ma nature, je le reconnais. J'ai longtemps pensé que j'étais un contrepoint important entre guillemets, nécessaire en tout cas, a-t-il analysé. [...] Il est vrai qu'il est arrivé un moment où le tsunami était trop fort, et j'ai eu le sentiment d'être un peu instrumentalisé, ou de m'instrumentaliser moi-même... Et j'ai pris la décision [d'arrêter], effectivement, car contrairement à ce qui a été dit, personne ne m'a renvoyé. Mais j'ai bien compris que j'étais persona non grata, même si personne ne me l'a vraiment signifié en réalité. J'ai pris cette décision parce qu'il y a un moment où il y a un inversement, où je me suis dit 'finalement, j'apporte de l'eau à leur moulin' par ma seule présence et les propos que je tiens."
Pour Alain Jakubowicz, fermer CNews serait une erreur et aurait un effet contre-productif. "C'est beaucoup trop tard. On en ferait des victimes. Vraiment, c'est la chose à ne pas faire, a-t-il dans un premier temps affirmé avant d'évoquer Pascal Praud ["qui soit dit en passant est loin d'être le pire... Honnêtement ! Et de très loin", a affirmé l'avocat] et les autres figures de la chaîne. "Il [Pascal Praud] a fabriqué des petits clones qui me semblent infiniment plus dangereux qu'il ne l'est lui-même. Ils se prennent tous pour des petits Pascal Praud avec une espèce de surenchère qui m'est personnellement aujourd'hui complètement insupportable", a-t-il ajouté dans une séquence que Puremédias vous propose de voir en tête d'article.
Ce mercredi matin, Pascal Praud a immédiatement répliqué sur l'antenne de CNews. Dans "L'heure des pros", l'animateur s'est adressé à l'avocat : "Venez demain ! J'attends votre réponse". "Je l'ai invité 50 fois et en plus je l'aime bien. Il ne dit pas la même chose, là il n'y a pas un début d'argument", a-t-il poursuivi, rejoint par Eric Naulleau. "Dans les conversations privée ou même en plateau, il dit des choses très différentes de ce qu'il vient d'affirmer (dans 'C ce soir', ndlr). Quelle place essaye-t-il de sauver ? Que pense-t-il gagner ?", a fustigé l'éditorialiste.