"J'ai le plaisir d'accueillir un magistrat". C'est ainsi que David Pujadas a présenté Philippe Bilger pour intervenir sur son plateau, lundi soir. Le présentateur vedette de LCI avait besoin de l'expertise de l'homme de loi pour décrypter l'impunité des casseurs, de nouveau à l'ouvrage après le deuxième sacre consécutif du PSG en Ligue des champions. Jusqu'à janvier, cet ancien juge d'instruction livrait son analyse dans plusieurs émissions de CNews, avant d'en être évincé sans la moindre explication officielle.
Sur le réseau X, il racontait avoir appris que Serge Nedjar, patron de la chaîne, ne souhaitait plus sa présence sur ses deux derniers créneaux, le mercredi avec Sonia Mabrouk et le jeudi matin avec Pascal Praud. Deux raisons étaient avancées pour justifier son expulsion : son rejet de la "partialité" affichée à l'antenne en faveur de Nicolas Sarkozy après sa condamnation à cinq ans de prison dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007, et ses critiques envers Israël.
Quatre mois plus tard, la chaîne d'actualité du groupe TF1 lui a donné une tribune pour partager ses positions. "Bonheur d’avoir retrouvé le 1er juin l’incomparable animateur qu’est David Pujadas sur LCI", s'est réjoui sur X Philippe Bilger, après sa première intervention en direct. "C’est évidemment trop court! Sur les violences et les désordres de la fin de semaine, rien n’est fatal. J’ai l’impression que notre lien entre humanité et autorité est très mal appréhendé", a-t-il ensuite souligné, impatient de débattre sur ce thème dans de futures émissions.
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L'ancien magistrat aux 850 interventions sur CNews espère retrouver sur le canal 15 de la TNT une atmosphère interne plus conviviale que celle des dernières années chez sa rivale. Dans un livre au vitriol sorti en mars dernier, il fustigeait la "pensée unique" et le fonctionnement "totalitaire" de la chaîne sous le giron de Vincent Bolloré, loin de la "liberté d'expression" qu'elle prône à l'antenne. Pour autant, Philippe Biger jure que ce départ forcé l'a rendu "heureux". "Je n'aurais jamais eu la résolution de le faire moi-même, pour des raisons utilitaires", alors que "j'étais de moins en moins heureux d'aller sur le plateau", confiait-il dans un entretien à l'AFP. Tout en se défendant de mordre la main qui l'a nourri : "Je ne crache pas dans la soupe, c'est la soupe qui a craché sur moi, alors que j'avais participé à son élaboration et, modestement, favorisé son succès"

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