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11H20 Le 28/08/12 News 16
Jean Réveillon, directeur de France 2 : "Nous avons essayé de corriger les faiblesses de l'an passé"

Jean Réveillon, directeur de France 2 : "Nous avons essayé de corriger les faiblesses de l'an passé"

Jean Réveillon, directeur de France 2, revient sur sa stratégie de sa chaîne alors que la saison s'annonce très concurrentielle. L'occasion également de revenir sur quelques dossiers d'actualité, comme le financement de France Télévisions.
Jean Reveillon, directeur de France 2
Jean Reveillon, directeur de France 2

Après avoir présenté sa nouvelle grille des programmes il y a quelques semaines, Jean Réveillon, directeur de France 2, revient sur sa stratégie de sa chaîne alors que la saison s'annonce très concurrentielle. L'occasion également de revenir sur quelques dossiers d'actualité, comme le financement de France Télévisions, le coût des programmes révisé à la baisse mais aussi le rachat de Direct 8 par Canal+ et le lancement de six nouvelles chaînes fin 2012.

Propos recueillis par Benoit Daragon et Julien Lalande

puremedias.com : France 2 a passé un bel été grâce au sport. Comment abordez-vous cette rentrée ?

Jean Reveillon : Après le printemps de l'info, France 2 a connu un été de sport. Les Jeux ont eu un succès plus important qu'on ne l'espérait mais le reste a bien fonctionné aussi. La proximité géographique avec Londres, les horaires idéaux et les nombreuses médailles glanées en première semaine ont donné une puissance maximum aux Jeux. Nous sommes très contents d'avoir prolongé les droits de diffusion jusqu'en 2020. C'est très important que la France puisse garantir l'accès gratuit aux Jeux à nos citoyens car ce n'est pas le cas dans tous les pays du monde...

Ce bel été vous met la pression pour la rentrée ?

Non, nous n'avons pas la pression. Les Jeux ont mis une bonne ambiance générale à France Télévisions. Selon un sondage publié cet été par l'IFOP, France 2 et France 3 sont les deux chaînes dont les Français ont la meilleure image. Depuis le début de l'année, France 2 atteint une part d'audience moyenne de 15,4%, ce qui est mieux que l'année dernière à la même date (grâce aux JO, NDLR). Nous sommes en douce confiance, même si on sait qu'une rentrée n'est jamais facile. Surtout cette année où la concurrence s'exacerbe. On a essayé de mettre en place une grille qui corrige les faiblesses de l'an passé.

Quelles sont-elles ?

Nous avons travaillé principalement sur l'access, sur les deuxièmes parties de soirée et sur les événements. En access, nous avons revu notre offre avec le nouveau jeu de Nagui et l'arrivée d'Anne Roumanoff juste avant le 20 Heures. En deuxième partie de soirée, on veut proposer chaque soir au public des rendez-vous sympathiques autour de visages connus (Frédéric Lopez, Aida Touihri, Bruce Toussaint). Cela marche le samedi soir avec Laurent Ruquier donc cela doit fonctionner aussi le mercredi, le jeudi et le vendredi. Et on va beaucoup jouer sur l'événement qui est une caractéristique de France 2. Le temps d'une journée, toute l'antenne se mobilisera pour aborder des grandes thématiques comme l'éducation, la santé, le travail.

"On réfléchit beaucoup sur l'évolution des genres et des cases"

En access vous remplacez un jeu de Nagui par un autre jeu de Nagui. Le jeu est la seule forme possible à cette heure-là ?

Il y a une réflexion sur les jeux. Nous avons réfléchi en prenant en compte l'offre globale de France Télévisions à cette heure-là. A ce stade et compte tenu des projets que nous avons reçus, il nous a semblé que le nouveau jeu de Nagui ("Volte/face", dès le 17 septembre) serait le programme le plus performant en access. Nagui a beaucoup travaillé et on lui a fait confiance. On sent bien que les jeux que nous, service public, pouvons proposer n'ont pas une puissance majeure qui permet d'engager le JT au niveau que nous souhaitons. D'où l'idée de diffuser un programme court juste après pour rassembler davantage avant le journal.

Si cela ne marche pas, est-ce que France 2 songerait à mettre en place un autre genre de programme à 19 heures ?

On réfléchit beaucoup sur l'évolution des genres et des cases. Magazine, fiction : tout est envisageable à long terme. Le paysage change tellement, il y a tellement d'offre. On ne s'interdit rien.

"Des fictions françaises quotidiennes ou hebdomadaires sont à l'étude"

Vous aviez pour projet de lancer une fiction quotidienne. Où en est ce projet ?

Non continuons à travailler sur une fiction courte en access. D'autres types de fictions quotidiennes ou hebdomadaires sont aussi à l'étude. On reste ouvert. Il nous faut des idées, sur lesquelles on travaille.

Parmi ces projets, est-ce qu'il y a une fiction courte pour remplacer Anne Roumanoff en janvier 2013 ?

Le projet est effectivement dans les cartons. Il y a eu des pilotes. On a commandé plusieurs deuxièmes pilotes. La date est à voir selon le succès et la disponibilité d'Anne Roumanoff. Mais on prend notre temps, il faut être bon. Tout le monde fait de l'humour. Il faut que ce soit gai à cette heure-là. Nous ne serons pas dans l'éclat de rire mais dans la comédie, la fantaisie. J'aimerais qu'on propose d'autres genres que ceux que l'on voit sur les autres chaines. On peut regarder du côté de la scripted reality, pour innover dans la forme.

Parmi toutes les nouveautés de France 2, certaines pourraient avoir du mal à démarrer... Quel sera le comportement de cette nouvelle direction ? (Jean Reveillon est le patron de France 2 depuis avril dernier)

Nous ne sommes pas pressés. Une émission ne s'installe jamais en une semaine. Nous avons de très nombreux exemples, à commencer par "Plus belle la vie", de programmes à qui nous avons eu raison de laisser du temps. Sauf quand il y a un rejet, à France Télévisions, nous laissons toujours du temps aux programmes. Mais nous avons dans les cartons des plans B et des plans C. Il faut avoir des solutions de réserve si quelque chose ne marche pas. Mais ils ne seront pas à l'antenne en octobre !

"On veut simplement maintenir l'audience de France 2"

Rémy Pflimlin, lors de son arrivée, avait annoncé son intention d'élargir l'audience de France 2, sous entendu rendre la chaîne plus attractive auprès des moins de 50 ans. C'est un des objectifs que vous vous êtes fixés dans cette grille ?

On souhaite élargir le public, mais sans faire de "rajeunissement". L'audience de toutes les chaînes vieillit. Dans le groupe, je préfère qu'on se serve de France 4 pour séduire les plus jeunes plutôt que de France 2. France 2 doit être familiale, si nos programmes sont bons, si nos évènements sont forts, toutes les générations, y compris les jeunes, nous regarderons. L'arrivée de Jérémy Michalak (pour animer "On n'demande qu'à en rire", NDLR) ou d'Aïda Touihri (pour la nouvelle émission culturelle, NDLR) peut donner une impulsion mais ce n'est pas l'objectif qui a conduit la construction de la grille. Le rajeunissement n'est pas notre mission. On veut simplement maintenir l'audience de France 2 et en faire une chaîne populaire, familiale et de qualité.

Comme TF1 et France 3, l'audience de France 2 a chuté sur un an. Ajouté à cela un marché pub difficile, est-ce que cette grille a été placée sous le signe de la rigueur ?

La grille a été bâtie à l'aune d'une rigueur financière nouvelle. Le coût de grille est plus faible en cette rentrée que lors de la précédente. Les producteurs de flux ont fait des efforts sans difficultés majeures. Les producteurs de fiction devront en faire aussi.

L'hypothèse d'un rétablissement partiel ou total de la pub après 20h vous paraît-elle être une solution raisonnable pour faire progresser le budget de France 2 ?

C'est un débat qui dépasse ma fonction. Bercy craint de ne plus pouvoir financer le service public en cas d'annulation par Bruxelles de la taxe sur les télécommunications. A titre personnel, je trouve rassurant que le pouvoir public travaille pour garantir le budget de France Télévisions. Dans l'éclatement de l'offre, il faut que le service public soit bien financé pour remplir sa mission. Je crois beaucoup à l'avenir du service public. Avec la multiplicité des canaux, France Télévisions doit défendre ses valeurs. Et le public le demande, comme on l'a vu avec l'info pendant la présidentielle.

"A France 2, on a un peu le sentiment d'être dans le viseur de Direct 8"

Dans un entretien à puremedias.com, Nicolas de Tavernost, le patron de M6, a invité France Télévisions à faire davantage attention à ses coûts de fonctionnement... Que lui répondez-vous ?

Nous faisons attention à nos coûts de fonctionnement ! Rémy Pflimlin a donné des ordres de meilleure gestion qui ont été mis en pratique. La phrase de Tavernost est celle d'un dirigeant qui défend ses positions sur le débat du marché publicitaire.

La saison promet d'être musclée entre l'arrivée de Canal+ sur le marché du gratuit, l'arrivée de six nouvelles chaînes privées fin 2012 et l'émergence de la télévision connectée. Est-ce que la saison qui se profile n'est pas la plus concurrentielle qu'on n'ait jamais connue ?

Oui... La concurrence est exponentielle et cela ne s'arrêtera pas. Avec 6 nouvelles chaînes, mathématiquement, les audiences vont bouger. Mais le rôle du service public c'est d'être une puissance de rassemblement autour de rendez-vous importants : des moments de joie partagés comme un sport, ou de réflexion sur un sujet de société. France 2 doit être particulièrement capable d'être un lieu où l'on vient avec confiance quand il y a un sujet qui le nécessite. C'est le rôle du service public.

Canal va porter le budget de Direct 8 à 120 millions d'euros pour atteindre 4% de PDA, contre 800 millions environ pour France 2. Signer des gros chèques suffit-il à faire progresser l'audience d'une chaîne ?

J'espère que non ! L'argent ne fait pas forcement la réussite d'une chaîne de télévision ! Regardez le PSG : l'addition des gros contrats ne suffit pas à créer une alchimie dans l'équipe ! En télévision, c'est pareil : le fonctionnement d'une grille c'est beaucoup plus subtil que l'addition d'une série d'émissions à gros budgets. A France 2, on a un peu le sentiment d'être dans le viseur de Direct 8. Ils vont essayer de frapper fort mais on va savoir résister.

"Personnellement, je ne suis pas très heureux qu'on lance 6 nouvelles chaines"

Êtes-vous très attentifs aux conditions de ce rachat, à l'instar de TF1 et M6 ?

On est moins procéduriers que certains de nos concurrents mais nous serons très attentifs à la bonne application des règles et des cahiers des charges. On se doit de défendre nos positions.

Est-ce que la multiplication des chaînes est un appauvrissement du PAF ou un progrès ? On voit actuellement que TF1 et FTV, qui investissent le plus dans la création, ont des problèmes économiques...

(soupir) Personnellement, je ne suis pas très heureux qu'on lance 6 nouvelles chaines. A un moment, il faut réfléchir à l'utilité de ces nouveaux entrants. Je ne suis pas contre la thématisation mais on sait qu'on va voir apparaître de nouvelles chaînes généralistes. Ca participe à un appauvrissement, oui. Je suis très ouvert sur la multiplicité de l'offre gratuite mais je crois que c'est devenu un peu excessif. Ces 6 nouvelles chaînes n'étaient pas utiles à mon sens. Dans un paysage de plus en plus fragmenté, les chaînes commerciales vont avoir de plus en plus de mal à éviter de faire des émissions d'attrape-public. Nous faisons une télévision d'offre pour pousser le téléspectateur vers le haut. Et sur le long terme, cela portera ses fruits. La partie ne sera jamais perdue pour le service public.


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