The Prodigies : Quand superbe rime avec superficiel
Le réalisateur Antoine Charreyron, qui signe ici son premier film (il a assisté Mathieu Kassovitz en 2008 pour Babylon A.D.), semble avoir été bien inspiré. Le résultat ne manque pas de vigueur et ceux qui aiment ce genre d’univers se sentiront comblés car on oublie presque qu’il s’agit d’animation. Il a rendu justice au roman La nuit des enfants rois de Bernard Lenteric, best seller en 1981.
Un peu daté...
Une heure trente de scénario très serré et intense, avec en prime l’utilisation de la 3D : cela va même plus loin qu'Immortel d'Enki Bilal. L’univers ressemble à celui de Blade Runner, mais justement, tout ça, l’adaptation du roman et le style visuel de Viktor Antonov, un peu simpliste, donnent l’impression de se trouver dans les années 1980, voire même dans un film genre jeu vidéo comme Tron. Daté ? Si peu.
Ca n’est pas fait du tout pour les enfants, mais plutôt pour les adultes prêts à voir une présentation d’un monde très, très noir. Le problème est que dans un film pour adultes, il faut un peu plus de psychologie que dans une bande dessinée, et ça ne semble pas avoir été la priorité ici : on a tout misé sur les effets spéciaux, l’accélération foudroyante et la sensation d’être happé par la ville et, en même temps, de la dominer à certains moments. Et la psycho dans tout cela ? Des sensations fortes, ce n’est pas ce qui manque, mais l’identification aux personnages reste moyenne, leur psychologie étant très sommaire.
On reste sur sa faim
Porté par un scénario qui n’est pas des plus originaux, du genre « les mutants se vengent de ce qu’ils ont subi », le film ne provoque pas d’émotions intenses et on reste sur sa faim, simplement éblouis par ce qu'on a vu. Ca pourrait faire penser à une sorte de Harry Potter de la science-fiction, sauf que les enfants/ados ne sont pas dotés de pouvoirs magiques mais de pouvoirs psychologiques. Justement, si on pense à ça, on remarque que même la saga des Harry Potter propose des portraits un peu plus approfondis que ce qu'on voit ici, et c’est bien dommage pour les petits prodiges qu’on aurait voulu mieux connaître.
Oui, il est facile de sympathiser avec ces adolescents qui ne se sentent plus en confiance dans le monde des adultes, et The Prodigies réussit à mener cette réflexion dans l’esprit du spectateur, dépassant les limites du simple divertissement, mais ne cherchant malgré tout jamais à aller vraiment plus loin. Loin d'être un désastre, The Prodigies se contente d'être un bon début d’un réalisateur qui gagnerait à pousser tout cela un peu plus loin et satisfaire davantage notre curiosité de son univers unique en son genre.
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