Sophia Aram dénonce "l'insupportable banalisation médiatique du FN"
Elle avait traité les électeurs du FN de « gros cons », dit de Jean-Marie Le Pen qu'il était « un thermomètre planté dans le derrière des Français pour mesurer leur degré de xénophobie ». Après deux polémiques à multiples rebondissements, Sophia Aram, humoriste et chroniqueuse sur France Inter signe une longue tribune dans Le Monde à paraître cet après-midi pour dénoncer « l'insupportable banalisation médiatique du FN ».
"Petite conne"
Suite à sa chronique sur les électeurs du FN, Guy Carlier l'avait traiée de « petite conne », n'hésitant pas à l'accuser de faire grimper le FN dans les sondages. L'humoriste s'en défend, note que cette thèse avancée par le chroniqueur d'Europe 1 « ne s'imposa pas auprès des commentateurs politiques comme une explication plausible de la montée de l'extrême droite en France ». Les « gros cons » du FN (qualifiés ainsi après la diffusion d'un témoignage sonore édifiant d'un électeur frontiste), Sophia Aram y revient : « L'heure n'est donc plus à l'"antiracisme autoproclamé", mais à la compassion envers "des Français de souche victimes d'une politique migratoire incontrôlée et à qui, comble de l'horreur, les commissaires du politiquement correct interdisent de mettre des mots sur leurs souffrances" ? Si je ne suis pas radicalement hostile à cette soudaine bienveillance, elle n'est pas sans risque puisqu'elle débouche sur deux principes contribuant à faire bouger les lignes : l'interdiction de dire trop fort ce que, selon moi, ils n'ont jamais cessé d'être ; répondre aux questions qu'ils posent mais en acceptant leur manière de la poser, ce qui n'est pas sans conséquence ».
Dépassée par le buzz
Jeune chroniqueuse, Sophia Aram confesse avoir été dépassée par l'emballement médiatique provoqué par ces deux billets. « Les lignes ont bougé et, sans le savoir, je venais de les franchir » explique-t-elle. Mais la jeune humoriste ne regrette rien. Elle s'étonne juste que ces Français favorables à la préférence nationale « ont de plus dans les médias des défenseurs à la fois organisés et actifs pour leur expliquer qu'il est tout à fait normal en ces temps de crise où la peur de l'autre devient la règle de penser que ces Français "d'origine musulmane" finissent quand même par poser pas mal de problèmes ».
« Quand l'origine et la couleur de peau deviennent les critères pour comprendre le monde, j'ai tendance à me raidir. C'est peut-être parce que je suis viscéralement attachée aux valeurs républicaines et laïques, ce qui, compte tenu de mes origines, doit les surprendre » conclut-elle.
Pour aller plus loin :
>> Lire l'interview de Sophia Aram : "J'essaye de ne pas tomber dans l'anti-sarkozysme primaire"
>> Lire l'interview de Nicolas Domenach : "Marine Le Pen est une bulle médiatique"
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Le 11 Avril 2011 à 20:22
Où as-tu vu que 80% refusaient le FN ?
Quand on vote, on ne vote pas contre quelqu'un mais pour quelqu'un.
En l'occurence, en 2002, 80% ont voté pour Chirac, et non pas contre Le pen. Ce n'est pas parcequ'on vote pour un qu'on est contre l'autre. Ca peut etre vu comme "les français ont préféré Chirac à Le pen". Quand un candidat (ou parti) arrive au second tour d'une présidentielle c'est déja qu'il représente une sacré force politique, qu'elle plaise ou pas à d'autres.
Le 11 Avril 2011 à 20:46
Le 11 Avril 2011 à 16:32