Badfilm
On s'attendait à un Bad Man, à un Psychopathman, à un super-héros dérangé grillé des neurones, aussi subversifs que celui de Tim Burton. Au final, la campagne de pub est à l'image du personnage crée par Christopher Nolan : un simple masque.
Batman Begins n'est pas un mauvais film. Il a juste oublié d'être bon. Le défaut du réalisateur, c'est d'avoir voulu faire vrai. On ne peut pas lui reprocher d'avoir abandonné les costumes rutilants (avec tétons siliconés intégrés à l'armure s'il vous-plaît) des pathétiques épisodes 3 et 4, ni d'avoir mis de côté la Batmobile digne d'un défilé de drag-queen. Mais être passé à côté des décors gothico-modernistes (Palme d'or du meilleur décor pour le premier opus) de Gotham-City des premiers épisodes et avoir renié la folie créatrice de Tim Burton relève du crime de lèse-majesté. Car à vouloir faire vrai,
Batman Begins sonne faux.
Il commence tout d'abord comme un mauvais
Tomb Raider (et c'est un pléonasme) : après la mort de ses riches parents, le héros part à l'aventure aux quatre coins du monde et finit par rencontrer au fin fond du Tibet un puissant sage qui, comme par hasard, parle anglais et lui apprend les arts martiaux. Il retourne alors chez lui, dans son beau manoir, pour sauver la veuve et l'orphelin. (sic)
Un banal film d'aventure
Il enchaîne ensuite comme un banal film d'aventure où Batman ne sort pas du lot de tous les super-héros qu'on nous a déjà balancé en pâture à toutes les sauces : il est dégoulinant de bons sentiments, beau, fort, gentil et tombe amoureux. Et ni la prestation de Christian Bale ni celle de Katie Holmes ne parviennent à sauver le film. Côté combats, ils ont du être chorégraphiés par un manchot unijambiste et sont filmés avec les pieds. Comme si cela ne suffisait pas, le monteur a tailladé le tout à la hache, histoire que la bouillie qui en résulte soit bien indigeste. On en vient à attendre la fin des scènes d'action avec impatience, un verre plein d'efferalgans à la main.
Pour les scénarios, on a le droit aux phrases creuses (« Pourquoi tombons-nous ? Pour mieux nous relever Bruce »), le genre de phrases pseudo-philosophiques qui sont censées nous faire croire que le film n'est pas un banal nanard hollywoodien mais bien une œuvre intellectuelle sur la schizophrénie maladive de Bruce Waine.
A la charge du réalisateur, il faut avouer que le personnage retrouve un charisme qu'il avait perdu au fil des épisodes, une profondeur et une noirceur, renforcés par une ambiance sombre, des costumes sobres et un réalisme épuré. C'est bien, mais loin d'être suffisant.
Malgré un excellent Batman/Bruce Wayne, ce dernier opus déçoit. Pas sombre pour un sou, prévisible, trop caricatural. Se voulant proche du comics, on s'éloigne de l'intérêt cinématographique. Retournez voir les Batman de Tim Burton.
Prometteur !
Des défauts certes, mais un respect certain au mythe Batman, une brochette d'acteurs royale, et un univers renaissant de ses cendres après les volets follement gays de Joel Schumacher. Légèrement bancal mais tellement prometteur pour la suite