James Bond a peut-être un peu perdu de son charme, et les personnages manquent parfois de profondeur, mais tout cela est compensé par des scènes d'action époustouflantes et un rythme soutenu jusqu'à un final intense. On ne s'ennuie pas une seconde !
Un Bond haletant, mais un peu anonyme
Après avoir réinventé la franchise Bond avec
Casino Royale, les producteurs et scénaristes de sa suite,
Quantum of Solace, se sont retrouvés face à un véritable défi. Comment faire mieux, ou au moins, aussi bien ? La stratégie adoptée se résume en quelques mots : il faut deux fois plus d'action. Et clairement, il n'y a pas tromperie sur la marchandise.
Une scène d'action après l'autre
Le ton est donné dès la première scène. L'action de
Quantum of Solace se situe quelques heures seulement après la fin de
Casino Royale - une première dans la franchise James Bond. On retrouve
Daniel Craig en pleine course-poursuite en voiture, après qu'il a pris en otage Mr White dans
Casino Royale. Puis, lors d'un interrogatoire sous l'oeil de M (
Judi Dench), l'agent secret britannique réalise qu'il s'est heurté à organisation secrète qui a des yeux et des oreilles partout.
S'en suit une poursuite dans les rues de Sienne en Italie, et plus tard, Bond échappe à des ennemis (ou les poursuit) en bâteau, en avion, en voiture... Car ce 22ème film de la franchise James Bond est en réalité une course-poursuite géante, où le spectateur passe plus de temps à reprendre son souffle qu'à réfléchir. Ca tombe bien, le scénario est suffisamment linéaire pour que l'on puisse apprécier le film sans se poser trop de questions.
Un Bond presque anonyme
Mais, si les scènes d'action sont nombreuses et magistrales, elles prennent malheureusement le pas sur d'autres éléments du film, d'autant plus que celui-ci ne dure que 1h45, en faisant le plus court de la franchise. Ainsi, le développement des personnages est laissé de côté, et
Daniel Craig incarne un Bond quasiment dénué d'humour et qui se pose peu de questions, loin de celui des précédents films, y compris
Casino Royale. Les dialogues sont rares, et le scénario laisse peu de place à l'émotion - un comble quand on sait que c'est la mort de Vesper dans
Casino Royale qui motive cette course à travers le monde.
Le personnage Bond ressemble donc plus à Jason Bourne qu'à l'agent secret que l'on connaît, mais ce n'est en soi pas une si mauvaise chose. Et outre ses scènes d'action,
Quantum of Solace s'appuie aussi sur un cast solide.
Mathieu Amalric est très convaincant en méchant homme d'affaires prêt à tout pour accroître sa fortune,
Olga Kurylenko surprend en femme froide et fragile, et
Judi Dench est parfaite en M un peu désemparée face à cette organisation inconnue et dangereuse.
Quantum of Solace est donc un excellent film d'action, qui devrait ravir les amateurs du genre les plus exigeants. Les puristes regretteront peut-être leur héros d'antan, mais les autres n'auront pas le temps de se poser beaucoup de questions face à ce déluge d'action parfaitement maîtrisé.