"Ici tout commence" : Comment le nouveau feuilleton quotidien de TF1 veut faire la différence

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"Ici tout commence" : Comment le nouveau feuilleton quotidien de TF1 veut faire la différence
Agustin Galiana et Francis Huster sur le tournage d'"Ici tout commence"
Agustin Galiana et Francis Huster sur le tournage d'"Ici tout commence" © DR
"Ici tout commence" sera la première série quotidienne entièrement tournée en décors naturels. puremedias.com s'est rendu sur le tournage la semaine dernière.

"Plus belle la vie", "Demain nous appartient", "Un si grand soleil"... et désormais "Ici tout commence". D'ici quelques semaines, la France qui, il y a encore 16 ans n'en comptait aucun, accueillera son quatrième feuilleton quotidien. Si, en 2004, France 3 avait pris un risque en mettant à l'antenne "Plus belle la vie", TF1 va, en 2020, tenter à son tour une première : diffuser du lundi au vendredi deux feuilletons quotidiens à la suite - "Ici tout commence" suivi de "Demain nous appartient" - pour proposer une heure de fiction en access, à l'heure où les chaînes font la part belle aux divertissements, à l'info et aux talks. "C'est un pari artistique et industriel", résumait mardi dernier Anne Viau, directrice artistique de la fiction de TF1, lors d'une visite sur le tournage organisée pour la presse, à laquelle puremedias.com a pris part. Dix épisodes ont déjà été produits et présentés à la chaîne.

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Pas un spin-off, mais une "série cousine"

"Ici tout commence" est produite par TelFrance (Newen, filiale de production du groupe TF1), société déjà à l'origine de "Plus belle la vie" et de "Demain nous appartient". La société a posé ses caméras à Saint-Laurent d'Aigouze, dans le Gard, à une heure de Sète (Hérault), ville d'accueil de "Demain nous appartient" ("DNA"). Les aficionados du feuilleton de TF1 ne seront pas déçus puisque pas moins de trois personnages de la série lancée en 2017 évolueront désormais dans "Ici tout commence" ; "ITC" pour les intimes. Clément Rémiens, Vanessa Demouy et Frédéric Diefenthal reprendront leurs rôles respectifs. Mais pas question pour la chaîne, comme pour la société de production, de qualifier "ITC" de spin-off de "DNA". Sarah Farahmand - productrice du nouveau projet après avoir oeuvré sur "Demain nous appartient" - préfère parler de "série cousine".

Une série qui mise sur de grands noms pour attirer le chaland : Francis Huster incarne le directeur de l'institut Auguste Armand, qui forme les futurs talents de la gastronomie et le chanteur Gims a accepté de composer et d'interpréter le générique. A ces noms viennent s'ajouter ceux d'Agustin Galiana, d'Azize Diabaté et de Terence Telle, des visages familiers des téléspectateurs de TF1, qui ont pu les voir fouler le parquet de l'émission "Danse avec les stars".

"Un univers qui n'a pas été beaucoup vu en fiction"

Dans les premiers temps, les clins d'oeils entre les deux univers seront très prononcés - des personnages d'"Ici tout commence" ont fait leur apparition la semaine dernière dans la série mère - mais l'objectif à moyen terme est que le nouveau feuilleton quotidien acquiert son identité et son public propres, avec la volonté affichée de rajeunir et de féminiser une case jusque-là trustée par les concours de maisons d'hôtes de "Bienvenue chez nous" et de ses dérivés.

Si chacun des feuilletons déjà à l'antenne se déroule à l'échelle d'une ville - Marseille, Sète et Montpellier - le nouveau venu innove avec le choix d'un milieu clos, une école hôtelière. "C'est un univers qui n'a pas été beaucoup vu en fiction", souligne Sarah Farahmand, qui évolue main dans la main avec Vincent Meslet, producteur de "Demain nous appartient", sur ce projet. "80% des épisodes seront tournés sur place", résume-t-elle. Les 20% restants le seront à Saint-Laurent d'Aigouze, mais aussi aux salins d'Aigues-Mortes, où la fiction suivra deux familles.

L'arène principale d'"ITC" n'est autre qu'un superbe château situé en plein coeur du village gardois de 3.400 âmes et dont les hauts murs le préservent de la curiosité extérieure. Le village sera d'ailleurs rebaptisé Calvières à l'écran, en référence au nom du château. Un cadre magnifique, agrémenté d'un domaine de trois hectares, qui a nécessité six mois de travaux au début de l'année - interrompus par la crise sanitaire - pour que voient le jour un internat, une cuisine, un restaurant, des appartements, des réserves... pour un total de 2.500 m2 de décors intérieurs auxquels viennent s'ajouter un amphithéâtre et de nombreux aménagements extérieurs. Dont un vrai potager, le "décor signature" d'"ITC", comme le qualifie Sarah Farahmand.

Vieilles pierres et plafond à la française

Le tout permettra de découvrir à l'écran des décors 100% naturels, là où les autres productions quotidiennes alternent entre tournages en studios et prises de vue extérieures. Comme puremedias.com a pu le constater lors de la visite guidée organisée sur le tournage, le résultat est bluffant. Les volumes généreux, les vieilles pierres et le plafond à la française du bureau du directeur de l'institut rendraient presque ringards l'appartement de Chloé Delcourt ou Le Spoon, deux décors emblématiques de "Demain nous appartient"...

Pour le reste, on retrouvera tous les ingrédients d'un feuilleton quotidien : une intrigue qui se déroule en temps réel, trois arches narratives développées par épisode - "on ne s'interdit aucun sujet", confie Anne Viau de TF1 - une quinzaine de personnages principaux pour un total de 35 rôles et un pool dédié de 30 scénaristes, soit autant que pour "Demain nous appartient". Deux équipes de tournage sont mobilisées simultanément, contre trois, voire quatre pour les autres productions.

Le feuilleton se déroulant dans une école hôtelière, TelFrance a visité plusieurs établissements en France - comme l'école Vatel à Nîmes, dont sont issus de nombreux figurants de la série - et rencontré de nombreux professionnels. C'est un échange avec la proviseure du lycée hôtelier Georges Frêche à Montpellier, une femme au fort caractère et qui ne vient pas du monde de la cuisine, qui a inspiré les scénaristes pour construire le personnage d'Antoine Myriel (Frédéric Diefenthal), proviseur de l'institut Auguste Armand. Pour les scènes en cuisine, la série fait appel à deux accessoiristes et un styliste culinaires, mais aussi à un chef référent, pour proposer un résultat à l'écran à la fois glamour et irréprochable.

Malgré l'opération portes ouvertes réalisée pour les journalistes en cette fin du mois de septembre, quelques sujets restent tabous pour TF1. Le budget ? "Similaire à celui de 'Demain nous appartient'", assure Anne Viau. Le temps que se laisse la chaîne pour installer cette nouvelle marque dans le paysage des feuilletons quotidiens ? Pas de réponse précise.

Quel avenir pour "Ici tout commence" ?

Compte tenu des importants investissements consentis - plusieurs centaines de milliers d'euros selon "Paris Match" - l'aventure ne s'arrêtera pas du jour au lendemain. Au moment de notre venue sur le tournage, les épisodes 21 à 30 étaient mis en boîte et les décors de Noël étaient en place. 30 épisodes supplémentaires sont en cours d'écriture. De même, les scénaristes ont déjà réfléchi à la manière de poursuivre la série pendant l'été, lorsque les portes de l'école hôtelière seront fermées.

Et dans l'intrigue, les études du héros Maxime Delcourt (Clément Rémiens) sont censées durer trois ans... Pour l'heure, le plus dur reste à faire : convaincre les téléspectateurs. La semaine dernière, sur la place du village de Saint-Laurent d'Aigouze, seuls les travaux de l'église venaient troubler la quiétude ambiante. Et Sarah Farahmand, la productrice, de prédire, sourire en coin : "Dans un an ici, il y aura plein de gens !". Rendez-vous en septembre 2021 ?

Le générique de "Demain nous appartient" sur TF1 © TF1
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