Après cinq ans sans album, Bénabar revient sur le devant de la scène avec "Le soleil des absents", un disque résolument lumineux. Pourtant, c'est chagriné que l'interprète de chansons populaires s'est confié dans "Le Figaro la nuit" pour tacler le service public et ses choix éditoriaux. Lui, qui reconnait avoir été biberonné par "Télérama" et France Inter, qui tournaient "tout le temps à la maison" lorsqu'il était enfant, a poussé un coup de gueule contre le snobisme de ces deux groupes. "La chanson populaire, c’est le public qui décide", a-t-il dans un premier temps rappelé avant de se cabrer contre "un sentiment de trahison personnelle". Il estime, en ne se limitant pas qu'à son cas personnel, que "la réalité est une envie de censure. Parce que les snobs ne font de mal à personne (...) mais par contre, quand ça devient un système, ça devient une forme de censure".
Selon lui, cette pratique ne sert pas les intérêts de ces médias, boycottés par les artistes en question : "Trois quarts des artistes français n’envoient même pas leur disque à France Inter et c’est le service public, donc ça pose un problème", affirme l'un des membres des Enfoirés. D’ailleurs, le compositeur de "L'effet papillon" s’est lui aussi résigné : "Les attachés de presse avec qui je travaille depuis plusieurs albums ne vont pas voir France Inter depuis 5 ou 6 albums, ce n’est pas la peine". En vieux de la vieille, celui qui s'est également essayé à la comédie a prodigué un conseil à la nouvelle génération : "Il faut éviter les gens qui décident ce qui est bien et ce qui n’est pas bien, parce que c’est ça la censure en fait".
Dans cette même interview, Bénabar s'est également désolidarisé des artistes aux chansons engagées et qui se positionnent politiquement. Un mouvement "donneur de leçons" dont l'interprète du "Dîner" s'échappe. "Aujourd’hui faire une chanson engagée, ça ne sert à personne et puis surtout ça dit aux gens ce qu’ils doivent penser. Une chanson, c’est dire ce que tu penses", souligne-t-il. D’ailleurs, il porte un avis assez tranché sur ses confrères qui s’y essayent encore : "Pour une bonne chanson engagée, de Boris Vian ou Renaud, t’as 50 chansons engagées de merde".
Le franc-parler du quinquagénaire l'avait également poussé à tacler les Victoires de la Musique, qualifiée de cérémonie "parfaitement corrompue" sur RTL. Pour lui, l'événement est comparable à "une démocratie où il n'y aurait que les gens de gauche qui voteraient". Pourtant récompensé de deux prix en 2007, Bénabar avait confirmé avoir demandé à sa maison de disques de ne plus soumettre ses œuvres en présélection. Il ne veut plus être nommé et regrette l'élitisme et le manque d'égard du palmarès pour les rappeurs, joueurs de métal ou tourneurs.

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