À l'écran, des candidats ultra-préparés qui récitent par coeur les textes de chansons françaises. Et derrière la caméra, toute une organisation très rigoureuse pour rentabiliser une émission au budget de 35.000 euros par émission, selon "Le Parisien". Pointé du doigt par Charles Alloncle lors de son rapport sur l'audiovisuel public, "N'oubliez pas les paroles" peine à retrouver ses audiences d'antan face à une concurrence de plus en plus vive. Pendant la crise sanitaire, le karaoké de France 2 a atteint des scores phénoménaux, avec près de 5 millions de téléspectateurs, mais fait face à une fuite des téléspectateurs, depuis. Le début des Masters 2026, et le retour des plus grands champions dans l'arène, va-t-il permettre au format de se refaire la cerise ?
Productrice du divertissement, Alexia Laroche-Joubert l'espère fortement. La papesse de la télé-réalité a expliqué au micro d'"On Time" que d'importants apports étaient nécessaires à la fabrication de la quotidienne. "Ce qui coûte très cher dans le flux, c'est l'amortissement du plateau", a-t-elle souligné de façon générale. Puis elle a pris l'exemple de "N'oubliez pas les paroles" pour mettre en avant que le dispositif "coûte extrêmement cher parce qu'il y a beaucoup d'écrans et beaucoup de machineries qui permettent de déplacer les écrans, etc." Selon la patronne de Banijay, cet investissement "se compte en millions". Seule solution pour amortir le plateau : tourner "beaucoup d'émissions" et optimiser les journées d'enregistrement.
Dans son casse-tête, la productrice peut compter sur un atout majeur, celui de pouvoir "tourner sur une journée d'amplitude de 8h". Un marathon qui convient parfaitement au stakhanoviste Nagui, très endurant dans l'exercice. "Certains animateurs dont Nagui, que je pense est le meilleur là-dessus, peuvent tourner entre 12 et 14 émissions", assure Alexia Laroche-Joubert. Cette cadence impressionnante permet ainsi de rentabiliser la journée de travail. "Car c'est aussi des salaires de techniciens, de maquilleurs, de musiciens et de chanteurs" à payer en moins pour l'équipe de production.
La rémunération de Nagui avait également fait l'objet d'un vif débat à l'Assemblée nationale au moment de la commission d'enquête sur le fonctionnement de France Télévisions et Radio France. Alexia Laroche-Joubert avait pris fait et cause pour l'animateur, accusé par Charles Alloncle d'être "la personne, sur les dix dernières années en France, qui s'est le plus enrichi sur l'argent public". Le concerné n'a pas voulu transmettre aux parlementaires ses bulletins de paie, et a été confortée dans sa décision par sa productrice. "Cela fait partie, pour le coup, du secret des affaires. Si je le paie trop ou pas assez, d’une certaine façon, ça me regarde. C'est normal qu'il ne transmette pas ses fiches de salaire qui concernent le contrat qu'il a avec nous", l'a défendu la patronne de la filiale française de la société Banijay.
