Alix Bouilhaguet reconnaît ses torts. L'éditorialiste politique de Franceinfo avait affirmé dans l'une de ses chroniques que Jean-Luc Mélenchon n'avait pas "condamné les violences du 17 octobre, ni les pillages, ni les dégradations de bâtiments publics comme la mairie de Limoges". Or, cette information s'est avérée fausse puisque le leader de la France Insoumise, "sous le choc des images", a rapidement pris ses distances avec ces scènes de vandalisme. "Aller mettre le feu à la mairie de Limoges, c’est un crime. C’est notre symbole collectif, c’est la maison du peuple. Elle est à tout le monde. La même chose pour la mairie de Marseille qu’on a laissée à l’abandon", déplorait le politicien dans une interview accordée à LCI. Avant d’insister un peu plus tard : "Je ne donne pas raison à la méthode. (…) J’ai toujours appelé à la non-violence".
Si le chef de file des Insoumis n'a pas réagi à cette contre-vérité, des personnalités s'en sont chargées pour lui sur les réseaux sociaux. Certains ont reproché à la matinalière de propager une fake news pour "calomnier La France insoumise", d'autres, comme le député Thomas Portes, l’ont accusée d’être "une journaliste de préfecture". Face à ces vives critiques, la concernée s'est résignée à un mea-culpa en deux temps. D'abord dans un message posté sur "X" dans l'après-midi : "En affirmant que Jean-Luc Mélenchon n’avait pas nettement condamné les pillages du 17 octobre et l’incendie de la mairie de Limoges, j’ai commis une erreur. Je tiens à présenter mes excuses". Puis à l'antenne de Franceinfo, de bonne heure ce jeudi. "Je voulais revenir sur ma chronique d'hier. J'avais affirmé que Jean-Luc Mélenchon n'avait pas nettement condamné les pillages du 17 octobre et l'incendie de Limoges. J'ai commis une erreur et je m'en excuse, a déclaré publiquement l'éditorialiste, tout en rappelant sa réactivité de la veille.
À lire aussi : "Je n’ai pas le souvenir que ça soit déjà arrivé !" : Valéry Lerouge dénonce le "dérapage" d'un reportage du 20 Heures de France 2
Reste que cette bourde tombe mal pour Alix Bouilhaguet, déjà pointée du doigt par l'Arcom après une interview controversée de Manuel Bompard, autre figure de la France Insoumise. Le régulateur avait adressé une "mise en demeure" aux médias du service public en raison d’"allégations" formulées à l’antenne par l'animatrice de la matinale, qui avait notamment accusé le maire de New-York de ne pas avoir condamné le 7 octobre. Son invité avait contesté en direct chacune de ces affirmations, reprochant à la journaliste de "désinformer" le public. Après plusieurs jours de battement, elle avait reconnu "des formules imprécises et parfois inexactes" et s'en était excusée en direct. Or, le gendarme de l'audiovisuel avait jugé cette rectification trop tardive. "Les allégations en cause auraient dû, au vu de la gravité et de la sensibilité du sujet, d’une part être immédiatement complétées voire corrigées par l’éditeur et, d’autre part, faire l’objet par la suite d’une réaction à l’antenne plus marquée", notait-il au moment de trancher sur ce sujet.
