Guillaume Erner recevait le 24 juin dans "Les Matins" de France Culture Marine Le Pen. La présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée y avait notamment été interrogée sur la question de l'antisémitisme. Mais avant d'entendre les arguments de son invitée, Guillaume Erner avait diffusé un montage audio, trouvé selon ses dires "sur les réseaux sociaux", compilant des phrases de Jean-Marie Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, mises sur le même plan. Le montage, réalisé par le compte Instagram "Léon", non sourcé à l'antenne par le présentateur, contenait des propos tronqués du leader de la France Insoumise utilisés pour supposer, de sa part, des déclarations antisémites.
Quelques heures après la diffusion de cet audio dans "Les Matins", France Culture avait publié un communiqué pour présenter ses excuses aux auditeurs. "C’était un montage fallacieux, ce que nous avons réalisé a posteriori. Cet extrait n’aurait donc pas dû être diffusé. La direction de la chaîne et Guillaume Erner tiennent à présenter leurs excuses aux auditrices et auditeurs", avait assuré la station. Des excuses insuffisantes pour Jean-Luc Mélenchon, qui avait annoncé saisir l'Arcom et la SDJ de France Culture. Celle-ci s'était ensuite rapidement fendue d'un texte co-signé avec la SDJ de Radio France dans lequel elle affirmait "se désolidariser" de Guillaume Erner. "Nous rappelons aussi que Guillaume Erner, producteur, ne fait pas partie de la rédaction de France Culture, et que cette dernière ne peut en conséquence être tenue responsable de ses actes", pouvait-on lire. Le présentateur avait lui aussi fait son mea culpa le 26 juin sur France Culture : "Je tiens à nouveau à vous présenter mes excuses. Ça n'est pas conforme à mon éthique professionnelle. Je ferai tout ce qu'il faut, je serai vigilant à l'avenir pour que cela ne se reproduise plus. C'est essentiel, puisque ça touche à ce que nous avons de plus précieux, le lien de confiance qui nous unit", avait-il lancé à l'attention des auditeurs.
L'affaire a eu des répercussions en interne. Selon "Libération", Guillaume Erner a écopé d'une sanction disciplinaire de la part de sa direction. S'il est bien maintenu à la tête aux "Matins" de France Culture, il en perd le billet d'humeur. Tout le processus de validation de l'émission matinale va être renforcé, dans le but de "désubjectiver la matinale et la manière dont sont menés les entretiens pour la recentrer sur le questionnement", a précisé une source à nos confrères. Une vigilance particulière sera portée à la sélection des audios, afin de ne pas reproduire l'erreur du 24 juin. "Libération" avance également l'éventualité d'interviews menés à deux dans le cas de sujets sensibles. Guillaume Erner, qui aurait confié à son équipe avoir "vécu [là] les jours les plus difficiles de sa vie professionnelle" a également été sommé par sa direction d'assister désormais "à la réunion éditoriale hebdomadaire des producteurs." "Je m’engage à tout faire pour que cela ne se reproduise jamais, a assuré Guillaume Erner dans un courrier envoyé le 1er juillet à la rédaction de France Culture et à la Société des producteurs, que "Libération" a pu consulter. J'accepte [la sanction], au vu de mes responsabilités et de la gravité de ma faute."

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