Mais que s'est-il passé ? Alors que Xavier Bertrand était l'invité de "Tout est politique" sur Franceinfo ce lundi 10 novembre, un graphique présentant les intentions de vote pour la présidentielle de 2027 a provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux. C'est le journaliste Amine Snoussi qui a été parmi les premiers à relever l’erreur sur X dénonçant "le visuel scandaleux de Franceinfo pour présenter un sondage".
Réalisé d’après une enquête Elabe pour "La Tribune Dimanche" et BFMTV, le diagramme montrait des barres colorées qui ne correspondaient pas aux chiffres du sondage. Plaçant ainsi sur un pied d’égalité François Hollande (6,5%) et Jean-Luc Mélenchon (12%), tout en exagérant également la place de Xavier Bertrand (5,5%). À l’inverse, les scores de Marine Tondelier (5,5%) et Éric Zemmour (6%) apparaissaient nettement sous-évalués à l’écran. Puremédias vous propose de visionner un extrait de la séquence ci-dessus.
Plusieurs responsables politiques ont critiqué le visuel, dont le député LFI Antoine Léaument : "À ce niveau, même la Corée du Nord peut prendre des leçons de propagande", a-t-il réagi, tandis qu’Éric Zemmour ironisait : "Plus c’est gros, plus c’est Franceinfo !". Son collègue René Pilato a, lui, demandé des sanctions à l’encontre des "responsables de cette manipulation".
Face à l’ampleur de la controverse, Franceinfo a présenté ses excuses dès le lendemain sur X : "Un graphique diffusé hier soir sur l’antenne de Franceinfo TV présentait une grossière erreur d’échelle. Les chiffres du sondage en question sont corrects, mais l’échelle du graphique n’est pas la bonne. Il s’agit évidemment d’une erreur humaine, sans aucune intention de manipulation éditoriale de la part de nos équipes. À tous nos téléspectateurs, nous présentons nos excuses." À l'antenne également, la présentatrice de "Tout est politique" Sonia Chironi a rectifié le tir : "l'échelle du graphique n'était pas la bonne, voici le bon graphique avec la bonne échelle, et nous vous présentons toutes nos excuses pour cette erreur" a-t-elle déclaré.
Ce n’est pas la première fois que la chaîne d’information publique se retrouve au cœur d’une polémique de ce type. En janvier dernier, elle avait déjà dû présenter ses excuses après un bandeau indiquant : "200 otages palestiniens retrouvent la liberté", au lieu de "200 prisonniers palestiniens libérés" dans le cadre d’un échange avec Israël. Une formulation jugée partiale, qui avait conduit à la mise à pied du journaliste responsable, présenté par "Médiapart" comme un rédacteur en chef enchaînant les contrats précaires.
Quelques semaines plus tard, en février, une autre séquence avait été jugée "inexcusable" par le syndicat SNJ : un sujet de l’émission "L’heure américaine" évoquait l’idée d’une "Côte d’Azur à Gaza", reprenant sans distance une déclaration polémique de Donald Trump. Là encore, Franceinfo avait publié un message d’excuses, reconnaissant un "traitement totalement inapproprié et regrettable".

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