Invitée ce dimanche 12 octobre de l'émission "Questions politiques" sur France Inter et France Info, Marine Tondelier a tenu à revenir sur la polémique qui l'agite depuis deux jours. "Je m'en veux parce que je n'aime pas tenir des propos qui blessent des gens", a-t-elle déclaré. La cheffe des Écologistes a présenté ses excuses pour avoir utilisé le terme "déportation" à propos de l'eurodéputée Mélissa Camara, arrêtée en Israël après avoir participé à une flottille humanitaire à destination de Gaza. "Je n'aurai pas dû dire ça et je m'en suis excusée", a-t-elle insisté.
La controverse a éclaté vendredi 10 octobre, lors de son passage sur le plateau de TF1, dans "Bonjour !". Interrogée par Bruce Toussaint et Adrien Gindre sur la situation de Mélissa Camara, alors détenue, Marine Tondelier avait déclaré : "Il se trouve qu'elle est actuellement en prison et qu'elle sera déportée d'ici 72 heures – c'est le terme juridique 'déportation'. On est très inquiet." Une phrase qui n'a pas tardé à susciter de vives réactions.
Bruce Toussaint avait immédiatement réagi sur le plateau, rappelant la lourde connotation du mot : "Excusez-moi, la déportation, madame Tondelier…". Ce à quoi l'élue avait répondu qu'il s'agissait du terme "employé par les autorités israéliennes" dans les documents qu'elle avait reçus. Une justification jugée insuffisante par le présentateur, qui avait conclu : "Ce terme est absolument déplacé."
La séquence a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et dans la classe politique. Le président du Crif, Yonathan Arfi, a dénoncé "une faute à la fois historique et morale", rappelant que "la déportation, la vraie, arrachait des personnes innocentes à leur pays pour les envoyer à une mort programmée", quand les participants à la flottille "sont reconduits dans leurs pays, où ils retrouvent leur vie habituelle".
Face à l'ampleur de la polémique, Marine Tondelier a rapidement présenté ses excuses. Dès le samedi 11 octobre, sur son compte X, elle écrivait : "J'ai dit qu'une procédure de 'déportation' était engagée, en m'excusant par avance de ce terme que j'étais embêtée de prononcer mais qui était le terme juridique que j'avais sous les yeux. Le mot n'était pas approprié, et, en réalité, mal traduit dans les documents qui m'ont été remis. Je m'en excuse."
L'élue écologiste a précisé avoir eu en main des documents israéliens "écrits en hébreu, traduits ensuite en anglais où le mot 'déportation' était écrit". "Le mot anglais 'déportation', qui n'a pas la même charge émotionnelle dans le monde anglo-saxon qu'en France, vaut à la fois pour nos mots français 'déportation' et 'expulsion'", a-t-elle expliqué, précisant, après consultation de juristes, qu'"il ne faut plus utiliser ce mot en français".
"Je sais le poids de l'histoire, l'importance de la question mémorielle", a-t-elle encore déclaré, ajoutant qu'elle ne souhaitait "en aucun cas promouvoir des amalgames contraires à [ses] valeurs et [son] éthique". "Moi et mon parti nous battons quotidiennement contre l'ignominie du confusionnisme voire de l'antisémitisme", a-t-elle souligné, appelant l'ensemble des personnes amenées à s'exprimer sur le sujet à employer désormais le mot "expulsion".

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