"Oradour" ou l'histoire d'une fiction qui n'a failli jamais s'inscrire sur le petit écran. Diffusé ce jeudi soir sur TF1, le téléfilm historique est l’aboutissement d’un projet mûri depuis plusieurs années par Matt Pokora et son associé et producteur Thierry Saïd. Bouleversé par le récit de l'un des plus grands massacres de civils français, l'artiste polyvalent a souhaité faire connaître cette tragédie aux nouvelles générations et à perpétuer le devoir de mémoire. Il s'est alors rendu dans le village martyr et a rencontré Robert Hébras, l’un des derniers survivants de cet épisode sombre de la Seconde Guerre mondiale. Sur place, le coach de "The Voice Kids" s'est heurté aux réticences des institutions locales mais a tenu bon en dissipant les tensions autour des motivations de son unitaire.
Puis est venue l'heure de trouver un diffuseur. Pas une mission facile, comme l'a confié le chanteur. "Nous avons essuyé pas mal de refus et rencontré beaucoup de gens qui n’y croyaient pas", explique Matt Pokora à nos confrères de "Télé 7 jours". L'interprète de "Elle me contrôle" ne cite pas France Télévisions mais il a d'abord présenté son projet au groupé dirigé par Delphine Ernotte, qui aurait tiqué. "Peut-être qu'ils l'auraient fait avec un autre acteur ? Mais avec moi, ils se sont dit ‘est-ce qu'il a les épaules ?’", avait confié à "Télé Star" celui qui n'a pas beaucoup de fictions à son actif.
C'est finalement la Une qui s'est laissée séduire par la force de conviction et l'abnégation de l'un de ses visages familiers. "Thierry Saïd et moi étions très attachés à cette histoire et persuadés qu’il fallait continuer. On s’est entêtés jusqu’à ce que TF1 nous fasse à nouveau confiance", sourit le héros de ce téléfilm, rejoint dans son défi par un poids lourd de l'audiovisuel, Mediawan. Le feu vert étant donné, les équipes ont pu mettre en boîte les scènes tournées non pas à Oradour-sur-Glane mais en Belgique. "Oradour bien évidemment est un site protégé où il n’est pas question de tourner. Il nous fallait un village que l’on puisse investir avec tout notre matériel, les camions d’époque, etc. Sans que cela nous coûte 40 millions d’euros, car on n’avait pas le budget d’un film de cinéma", explique Matt Pokora.
Dans cette production réalisée par Pierre Aknine, l'idole du jeune public campe un officier des Forces françaises libres, parachuté en mission pour la Résistance, près du village dont le nom reste associé au massacre de sa population par les SS. S'il garde une trace indélébile de ce rôle intense, Matt Pokora a toujours reconnu que cette fiction essentielle s'est montée dans une urgence déconcertante. "Le problème, c’est que tout s’est goupillé très vite. Ce sont des films difficiles à débloquer, car ça coûte cher. On a fait pleins d’efforts pour que ça se fasse, à la dernière minute on a eu un feu vert et tout s’est enchaîné", avait-il révélé à nos confrères du "Parisien". Juste après la diffusion de cet unitaire, la première chaîne enchaînera à 23h15 avec le documentaire "Oradour, un village martyr", réalisé par Stanislas Kraland, qui a donné la parole aux derniers survivants et à leurs descendants.