A bout portant : Une journée en enfer

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A bout portant : Une journée en enfer
Porté par un cast en or massif, "A bout portant" est un thriller tendu et haletant, et confirme le grand retour du cinéma populaire français des années 60-70.

Trente-six Quai des Orfèvres , L'Ennemi intime, Le Convoyeur, Pour elle... Depuis quelques temps, le cinéma français commence enfin à se réveiller et à retrouver son prestige d'antan. Ce cinéma à la Bebel / Delon avait plus ou moins disparu et laissé place à la domination écrasante du cinéma américain, plongeant le cinéma français dans son nombrilisme. Entre les comédies formatées pour le dimanche soir sur TF1 et le cinéma d'auteur post-Nouvelle Vague qui n'en finit plus de nous casser les pieds, on ne savait plus trop où donner de la tête.

Mais une poignée d'irréductibles (Siri, Marchal, Boukhrief, et Cavayé) ont décidé de donner un bon gros coup de pied dans la fourmilière. Cavayé nous avait bluffé avec Pour elle, thriller tendu et ingénieux, et il récidive avec A bout portant, film d'action mené tambour battant.

Un script efficace



Cavayé ne s'embourbe pas de remplissages foireux et va direct à l'essentiel : l'action. Un futur infirmier a trois heures pour sortir un homme sous surveillance policière de l'hôpital dans lequel il travaille. S'il échoue, sa femme est morte. A bout portant commence sur les chapeaux de roues et on le suit avec un plaisir certain (et jouissif), et Cavayé nous sert une mise en scène fluide et efficace qui nous prend en haleine et nous scotche sur nos fauteuils. Le film est inspiré des Jason Bourne mais paradoxalement, et contrairement à Paul Greengrass, Cavayé évite de secouer sa caméra et soigne ses cadres.

Certaines mauvaises langues diront que le script est ponctué d'invraisemblances et que la psychologie des personnages frôle le zéro pointé. En effet, le scénario offre pas mal de rebondissements tirés par les cheveux, mais le spectateur se surprend à s'en foutre. On est dedans, et on est stupéfait et ravi des nombreux coups de théâtre. Pour ce qui est des personnages, ils sont réellement attachants et nous offrent quelques moments d'émotions. On aime les scènes entre Lanvin et Zem ou Lellouche et Anaya car elles sont fraiches et directes. Pas si mal pour des personnages soit disant en surface.

Un casting en or massif



La réussite ne vient pas uniquement de Cavayé. Les comédiens sont tous formidables. Gilles Lellouche et Elena Anaya sont touchants, tandis que Zem et Lanvin ont vraiment du charisme et une vraie gueule. Le cinéma français retrouve un peu de virilité et ça fait du bien. Alain Delon disait dans ses interviews que son cinéma était mort. Il vient de ressusciter sous nos yeux.

36 Quai des Orfèvres
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