Bright Star : Mélodrame élégant mais sans réelle épaisseur

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Bright Star : Mélodrame élégant mais sans réelle épaisseur
Romance fluide et sensuelle, "Bright Star" joue sur sa mise en scène sobre et terriblement efficace. Mais l'histoire manque d'épaisseur pour laisser la passion nous dévorer.

Lourdes perruques, robes à froufrous, carrosses et chevaux, les films d'époque sont souvent synonyme de lourdeur et de mise en scène guindée et ultra-détaillée. Jane Campion a déjà eu l'occasion de nous prouver qu'elle préférait choisir une autre voie (La leçon de piano). Bright Star, le portrait d'un poète romantique du XIXe siècle, John Keats, vu dans les yeux de la femme qui l'aime, est un conte épuré et frais comme la rosée. C'est un mélodrame sans mélo. Pas de duel, de longues tirades sur l'amour ou de passion survoltée. Seulement deux corps qui essayent de communiquer, chacun d'un côté d'un mur.

L'un est un poète fauché, l'autre une jeune fille de bonne famille. Le premier est malade, la seconde en parfaite santé. Rien ne les oppose vraiment, si ce n'est une banale question de standing finalement résolue. Une passion chaste où quelques baisers échangés doucement en constituent la plus vive expression. L'amour est exprimé autrement, en regards, en sourires, ou en dormant au pied d'une fenêtre pour être proche, tout proche, de sa belle. Une rondeur de poitrine, un mot de trop ou un pied nu seront les seules expressions de la passion qui les dévore. Jane Campion a voulu un film lumineux et aérien, une sensualité de chaque instant sans jamais dépasser la limite de l'indécence qui, ici, n'est pas descendue jusqu'au niveau de la ceinture.

Page 2 à 19 du scénario (qui en compte 20) : « Oh regarde, un papillon ! »



Dans sa réalisation au cordeau, Campion n'ose pas une image plus haute que l'autre, enchaîne les plans fixes et les doux panoramiques pour mieux laisser couler le film et sa poésie. De belles jonquilles, de la neige qui tombe derrière la fenêtre et - oh que c'est romantique ! - de petits papillons qui envahissent la chambre et meurent quand le bien-aimé est trop loin. Un scénario qui tient sur un bout de mouchoir échappé par une belle pour que son prince le récupère. L'ensemble se laisse finalement agréablement regarder, mais oublie de marquer, de quelque façon que ce soit. Une belle poésie, c'est évident, mais pas du Keats.

Jane Campion
Jane Campion
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