Depuis la fin du mois de février, les chaînes d'information tournent à plein régime pour couvrir le conflit qui embrase le Moyen-Orient. Le 28 février, les États-Unis et Israël ont déclenché une vaste opération militaire contre l'Iran. Des attaques qui ont donné lieu à des ripostes iraniennes qui ont rapidement enflammé le Moyen-Orient, le pays envoyant des missiles en Israël mais aussi sur les Emirats Arabes Unis, le Qatar ou encore le Koweït.
Si de nombreux envoyés spéciaux ont été dépêchés au Moyen-Orient pour couvrir le conflit, ils sont très rares à donner des informations depuis l'Iran. La chaîne américaine CNN a envoyé sur place le reporter Frederik Pleitgen, et les médias francophones bénéficient eux, dans leur grande majorité, d'une expertise : celle du journaliste Siavosh Ghazi, correspondant historique de RFI et France 24, qui se démultiplie pour répondre aux plus de sollicitations possibles depuis le début du conflit. Le reporter, qui vit à Téhéran depuis 1998, couvre le conflit pour les médias français mais aussi canadiens, suisses ou belges. "Je suis fidèle à RFI et France 24, qui m’ont toujours soutenu dans mon travail, donc je leur donne la priorité, sans exception. Je travaille aussi depuis longtemps pour la RTS, LCI, BFM, Radio France, Radio-Canada et la RTBF. D’autres chaînes m’ont appelé, mais je suis obligé de refuser de plus en plus de demandes, parce que c’est très difficile à gérer, a récemment expliqué Siavosh Ghazi à "Telerama". Certains jours, je fais plus de 80 interventions entre les reportages, les directs et les duplex, ce qui demande beaucoup d’organisation."
Reporter aguerri, Siavosh Ghazi a été l'un des premiers à évoquer le début d'une guerre en Iran le 28 février. "J’étais dans ma voiture quand j’ai entendu un bruit très fort. J’ai cru que c’était des avions qui passaient à basse altitude. Un passant m’a dit qu’il s’agissait en réalité de cinq à six missiles. C’était ceux qui ont détruit la résidence du Guide suprême, Ali Khamenei, provoquant sa mort et celle de plusieurs hauts responsables du pays, a-t-il expliqué, toujours à "Telerama". J’ai aussitôt appelé France 24 et RFI. Nous avons été les premiers au monde à annoncer le déclenchement de la guerre. C’était très intense." Le reporter, dont le travail a fait l'objet d'un portrait dans l'émission de TMC "Quotidien", explique travailler dans des conditions difficiles, lui qui doit jongler entre les alertes de missiles et les contrôles des autorités iraniennes dès qu'il envisage de filmer en extérieur. "Cela devient très difficile de sortir dans la rue pour faire des directs. Dès qu’on sort un trépied, il y a des contrôles d’identité et on peut être gardé, parfois dans des endroits inconnus, pendant deux ou trois heures. [...] La carte de presse, fournie par le ministère de la Culture en Iran, n’est pas toujours suffisante, car de nombreuses versions falsifiées circulent. [...] Ma protection, c’est de rester factuel, de choisir les bons mots, de ne pas exagérer et d’éviter certaines formulations qui pourraient provoquer des réactions. Par ailleurs, j’ai une longue expérience, je sais que je dois faire attention pour ne pas tomber dans le piège de la propagande, aussi bien côté iranien que côtés américain et israélien. "
Depuis la France, les multiples interventions de Siavosh Ghazi sont, depuis le début de la guerre, saluée par ses pairs. "Nous lui devons beaucoup dans cette période. Qu’il continue ! Factuel, calme, précis, indépendant, résistance à la fatigue et imperturbable, à son poste, malgré les bombardements. Bravo", a notamment réagi le journaliste Guillaume Durand sur le réseau social X. "Respect total pour Siavosh qui fait ses directs sous les bombardements depuis 6 jours maintenant", a écrit la journaliste de France 24 Mariam Pirzadeh. "Siavosh Ghazi est juste formidable . Depuis samedi matin , le correspondant en poste à Téheran enchaîne les directs avec BFMTV, le service public, la radio, avec une précision chirurgicale et un calme inversement proportionnel à la dangerosité de la situation ! Modèle de journalisme", a salué de son côté l'éditorialiste de Sud Radio Françoise Degois.
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