Ce lundi 1er juin, Sophia Aram proposait sur France Inter une chronique au vitriol à l'encontre d'un article publié dans "Lire Magazine", et consacré au second ouvrage de Pierre Valentin, "Malaise dans la génération Z". "Au détour d'un message sur X, Valentin a fait remarquer qu'en dehors de deux ou trois, la totalité des citations qui lui sont attribuées dans cette recension sont fausses, avait notamment déclaré Sophia Aram à l'antenne. Constat qui l'amène à se demander si, je cite, 'l'article n'a pas été intégralement rédigé par une IA et si 'Lire Magazine' n'aurait pas arrêté de lire'. N'ayant pas encore lu moi-même le dernier livre de Pierre Valentin, j'ai demandé à une IA de confirmer les propos de l'auteur, ce qu'elle fit, en ajoutant qu'une autre erreur semblait s'être glissée dans cette critique." S'en est suivie une dénonciation du recours à l'intelligence artificielle, Sophia Aram s'amusant à dialoguer avec une IA dépêchée par elle-même pour écrire sa chronique.
Directement pointé du doigt par l'éditorialiste, "Lire Magazine" s'est fendu d'un communiqué pour défendre son travail et dénoncer une tribune à charge. "Non, Sophia Aram, les journalistes de 'Lire' ne font pas écrire leurs articles par l'IA !, lit-on préambule. Ce matin, sur France Inter, Sophia Aram a consacré sa chronique à 'Lire Magazine' suite à la publication d'une critique du livre récent de Pierre Valentin dans laquelle le journaliste a mis entre guillemets des mots qui ne sont pas littéralement des citations du livre critiqué. Sophia Aram en a conclu que le journaliste incriminé avait fait écrire son article par une intelligence artificielle ! S'en suivent trois minutes de moqueries qui mettent en péril la réputation de 'Lire Magazine' [...]. Ces trois minutes de moquerie mettent à mal le travail d'une rédaction qui chaque mois fait travailler plus d'une trentaine de journalistes, sous la direction de Baptiste Liger. Ces trois minutes de moqueries reposent sur un fantasme. Aucune intelligence artificielle n'a été utilisée pour écrire cet article. Ce point peut aisément être vérifié, il existe des outils pour cela."
Le communiqué de presse de "Lire Magazine" conclut : "Oui Sophia Aram, les journalistes de 'Lire Magazine' lisent les livres et écrivent seuls leurs articles même si parfois certains peuvent contenir des erreurs ou déplaire aux auteurs. Hurler à l'utilisation de l'IA sans procéder à la moindre vérification n'est pas sérieux quand on connaît la fragilité de la presse et du livre. L'Intelligence artificielle fait peser sur l'ensemble de nos métiers une menace réelle, il est irresponsable de livrer à la vindicte populaire un journaliste indépendant et avec lui l'ensemble de la rédaction d'un magazine qui défend depuis plus de 50 ans les livres et les écrivains."

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2