C'est l'actualité centrale de ce début de mois d'octobre : les lycéens français sont en colère, épuisés par leurs conditions de travail, démotivés par le fonctionnement du système Parcoursup, et désemparés par l'état de certains établissements et les absences de professeurs, trop rarement remplacés. Depuis la semaine dernière, des équipes de journalistes se rendent sur le terrain pour tendre le micro aux écoliers, mais plusieurs ont été victimes de violences. Un journaliste de la rédaction de M6 a ainsi été malmené à Marseille la semaine dernière, tandis qu'une équipe de journalistes de BFMTV avait été évincée des abords d'un lycée de Seine-Saint-Denis.
Ce lundi 5 octobre, Apolline de Malherbe proposait encore une émission essentiellement centrée sur cette révolte lycéenne. La journaliste avait en début de tranche donné la parole à un envoyé spécial à Lille, victime sur place de jets de bouteilles. "Reprenez votre souffle, mettez-vous à l'abri, a lancé la présentatrice à son journaliste, encore essoufflé après avoir dû d'éloigner rapidement des abords du lycée qu'il filmait. Merci infiniment de nous avoir informés." À l'antenne sont alors diffusées des images du lycée Turgot, à Paris, devant lequel un jeune manifestant tenant à la main une pancarte : "Les médias : diffamation" vient narguer la caméra du journaliste de BFMTV présent sur place. La goutte d'eau qui fait déborder le vase pour Apolline de Malherbe.
"Ça, c'est un bon classique, lance la journaliste avec agacement. Alors précisément que nous sommes en train de montrer ce qu'il se passe, de donner la parole aux lycéens, il y a marqué 'médias = diffamation'. Je vous laisse juger, mais je trouve ça toujours assez inouï. C'est notre caméra qui est là, de manière calme, qui montre les panneaux, et ces panneaux sont désormais pour nous insulter. Je trouve que c'est absolument inouï quand on regarde ce qu'il se passe là. On a d'un côté notre journaliste qui est sur place, à Lille, montre ce qui se passe, parle des revendications et se prend des bouteilles de verre, et de l'autre le lycée Turgot, où des étudiants à qui on donne la parole, que l'on montre... leurs panneaux ne sont pas contre le problème des politiques mais contre les médias...", a-t-elle conclu, avant de demander une réaction à un représentant de l'Union Syndicale Lycéenne, présent en plateau. Un échange qui, on le comprendra, s'est poursuivi dans une ambiance plutôt tendue.
